Wednesday, December 31, 2014

31 Décembre 2014

Ainsi s' achève bercés par le bruit du ressac sur la plage de Lower Bay notre année 2014.

Année de tous les possibles.
Année du grand saut

Il y a eu des rencontres, des aurevoirs, des retrouvailles.
Il y a eu des sourires, des larmes.

Nous avons surtout le sentiment de recevoir beaucoup de votre énergie,  votre amour et votre amitié par vos messages et votre suivi bluffant.

Même si ça se fait pas, on va commencer par se souhaiter autant de belles phases de vie pour 2015.

Et pour vous tous, des milliers de petites étoiles dans vos yeux,  dans vos coeurs et dans vos têtes pour cette nouvelle année. 

Allez, on vous emmène pour la suite ?

Tuesday, December 30, 2014

Fond d'écran

Et si on vous envoyait une photo type "fond d'écran" par mois ?
La photo pour Janvier 2015 sera : Admiralty Bay (Bequia) en couleurs.
A vos portables et autres bigophones intelligents.
Allez dans un mois un nouveau fond d'écran pour faire râler vos collègues de bureau.

Sunday, December 28, 2014

Une fin d'année à " Békué "

Quelle meilleure baie pour atterrir après une transatlantique ?
Probablement plein d'autres car les Antilles sont riches en jolis coins.
Cependant, pour nous Admiralty Bay aura été le point d'arrivée idéal, notre sas de décompression.

Ti'Amaraa est mouillé au plus sud de la baie au calme loin des bouées des charters et autres "promène touristes". Merci la Delta 32kg qui fait un boulot remarquable sur ce fond un peu chaotique.

Point GPS :
19°59.942N   61°14.773W

Le panorama de notre "terrasse" est une jolie plage quasi déserte surplombée par un versant verdoyant parsemé de maisons colorées.
Notre "piscine" est un aquarium turquoise dans lequel on se régénère tous les jours.  (Air 30° Eau 30°).
Nous avons bien eu quelques journées rouleuses mais Ti'Amaraa a absorbé ça avec brio. Le cata c'est vraiment confortable.

Cette position excentrée nous permet de partager "notre plage" avec de beaux yachts cherchant eux aussi le calme et la discrétion de lower bay.
Un magnifique 2 mâts de plus de 200 pieds passera la veillée de Noël près de nous. On ne pouvait imaginer plus beau sapin.

Le village est suffisamment grand pour trouver les quelques produits frais manquants, un bureau d'immigration pour les formalités, des restaurants et cafés, une boutique Digicel pour acheter le Graal : une carte 3G locale.

Et, suffisamment petit aussi pour avoir l'impression, à la chaleur et la végétation près,  d'être dans un petit hameau de nos montagnes. Chèvres et chiens se baladent dans les rues. La circulation automobile est assez restreinte. Les enfants courent et jouent sur les plages, dans la ville en toute quiétude. Tout le monde se connait et bavarde à la supérette.
En débarquant à terre, on comprend vite que les étrangers et autres bateaux de location de passage ne les perturbent pas dans leur quotidien.
Ainsi va la vie à Bequia à l'ombre des cocotiers et bercés par des notes de Reggae.
Ah la musique!
La communauté Rasta est très présente ici. Bob est leur Dieu et la Jamaïque,  leur terre promise.

Une fin d'après-midi de retour d'une balade à pieds à terre, nous sommes attirés par un bon son Reggae mixé un brin électro. On s' approche de la fiesta. Platines et table de mixage côtoient barbeuc, buvette et plage. Est ce une party privée?  On se desaltererait bien là.
On s' approche, on nous sert, on s' intègre...
Nous sommes les seuls étrangers à la ronde. Beaucoup sont intrigués de voir que des "blancs" puissent apprécier leur zik. C'est du très bon !!

Toutes les générations sont là et toutes dansent entre plage et rue. La circulation est d'ailleurs bloquée mais cela ne semble pas gêner les "automobilistes" qui attendent, en se dandinant sur leur siège,  une transition entre 2 morceaux pour passer.
On se régale de les voir faire. Des enfants nous prennent par la main et nous entraînent dans leurs danses. Quel rythme. Quel déhanché !!! Ils sont juste énormes !!!
"C'est comme ça qu'on danse à Bequia" nous dira un petit bout haut comme 3 noix de coco.
(Sous - entendu nos pas de danse n'étaient pas les bons.)

Nous y degusterons aussi les meilleurs Ribs servis dans un papier Alu pour 3€. La Hairoun, bière de Saint Vincent coule à flot. Pour l'anecdote,  ils ne les vendent que par 3 : 10$EC les 3 soit moins de 3€. Allez, va pour 3 alors.
Nous y passerons une belle fin d'après-midi totalement improvisée bercés par la musique, l'ambiance, la gentillesse des locaux, un accueil formidable,  les odeurs de grillades...et la fumée des cigarettes aromatisées aux herbes locales de nos amis d'un soir.

Ce n'était pas Noël.
Ce n'était pas le Nouvel An.
Simplement un soir de Décembre à Bequia et ça fait du bien.

En voyage, si vous sentez que vous ne dérangez pas, osez et vous aurez de belles surprises.

Tuesday, December 23, 2014

Le off de la transat

Et si on passait côté backstage, l'envers du décor.
L'article sur la transat relate sincèrement notre ressenti et l'histoire telle que nous l'avons vécue à 4 "anecdotes" près.
Nous avons choisi de leur consacrer ce post.

Histoire de pêche :
Nous avons donc pêché une superbe daurade coriphène de 90 cm pour 3.8 kg dès le deuxième jour de nav. Ce que l'on a pas raconté c'est le malaise à la remontée à bord.
En effet,  après de longues minutes de "travail" au moulinet du poisson ferré, à l'approche du bateau nous avons découvert que notre prise etait escortée par 2 consoeurs de même taille. Elles sont restées à côté d'elle jusqu'au bout et étaient encore là à suivre le bateau pendant que nous administrions la dose létale de rhum dans les branchies. Cela fait un drôle d'effet.
Le pire c'est qu'à la remise à l'eau du rapala l'une d'elle a mordu dans la foulée. Nous l'avons relâchée.
Deux solutions : soit ces bestioles sont stupides et affamées, soit elles nous l'ont joué sentimental et suicide collectif.
Toujours est il que les lignes sont restées au sec pendant une petite semaine après cet épisode histoire de ne pas vérifier la seconde hypothèse (et aussi parcequ'il nous a fallu 5 jours pour finir la première)

Histoire d'oiseaux :
Si vous avez lu l'article sur la traversée du golfe de Gascogne en mai dernier,  vous vous rappelez peut être que Ti'Amaraa a été le refuge au large de "Rondi", une petite hirondelle égarée.  Cette fois-ci au beau milieu de l'Atlantique,  nous avons découvert une mouette confortablement installée sur notre rangée de panneaux solaires.  Si une hirondelle ne fait pas le printemps,  c'est quoi la maxime avec une mouette ? Vivement la transpacifique...un condor des Andes ?

D'où venait elle ? Que faisait elle si loin des côtes ? Après sa sieste, elle a décidé de reprendre sa route. Toujours avec son côté SPA, la Cap pensait qu'elle allait revenir et suivre le bateau.
"Pauvre bête, elle est loin de toutes côtes quand même".
Le Cap plus objectif a prié pour ne plus la revoir compte tenu des fientes étalées sur les panneaux. Elle n'a pas fait que se reposer la bougresse !

Mais l'histoire ne s'arrête pas ainsi, nous avons une grande nouvelle. Telle Rambo ou Terminator,  Rondi is back! Rondi 2 a élu  domicile sur Ti'Amaraa à 350 nm avant l'arrivée. A trois jours de la terre, nous ne pouvions pas en rester là.
Après avoir passé la journée à nous observer à bonne distance, en fin d'après-midi elle a démarré les tentatives d'approche.
"Promis Minou si elle s' oublie sur le pont, c'est moi qui nettoye"
N'y tenant plus un encas à base de biscotte et d'eau lui est préparé.  Elle accepte de s' alimenter mais uniquement en picorant le bout des doigts de la Cap. Trop mignon. Même le Cap en prend un coup.
Elle finira par faire chavirer le coeur de tout l'équipage quand à la nuit tombée, elle cherchera à nous rejoindre à l'intérieur du bateau.
Et nous voilà à construire un petit nid douillet pour notre Rondi qui ne se fait pas prier pour s'y lover.
Aux quarts de nuit seront associés le relevé des paramètres vitaux de notre hôte.
Mais au petit matin,  bad news : Rondi n'est plus.
Nous lui aurons juste permis de s' eteindre le ventre plein et bien au chaud dans la coque propriétaire.

Histoire de ciel :
Nous avons beaucoup voyagé, vu des aurores boréales finlandaises, les ciels sombres de haute altitude népalais... Cependant, nous n'oublierons jamais ces fins de journées au large et en particulier, celle célébrant la mitransat.
Un beau ciel dégagé laissé présager un beau coucher de soleil face aux étraves. Confortablement installés sur notre fly (ben oui le 39 a un fly..enfin un roof), nous avons attendu pour observer cette merveille. Quelle splendeur!
Au delà des traditionnels camaïeux rouge-orangés,  Dame Nature nous a offert 2 rayons verts d'une intensité inoubliables. Il s' agit des derniers rayons jaunes du soleil qui, du fait de l'angle, traversent une épaisseur d'eau bleue avant de repasser dans l'air. Nous en avions vu des beaucoup moins beaux en Méditerranée et en Polynésie. Celui-ci ou plutot ceux-là resteront à jamais dans nos rétines.
Et, la soirée n'était pas finie. Après l'apéro dînatoire dansant de mitransat (et oui on est des dingues! vous comprendrez mieux le niveau de joie ce soir là plus bas...),  pas envie de regarder un autre film que celui que la vie nous offre. Assis sur les jupes arrières,  nous passerons des heures sans mot dire à contempler l'océan scintillant du plancton luminescent et une voûte étoilée extraordinaire.  Des dizaines de milliers de lueurs accompagnées de belles étoiles filantes berceront nos rêveries.
Quelle soirée inoubliable!
Même si vous ne devez faire une transat que pour voir ça,  faites la.

Histoire de M...E :
Ce n'est pas la blague a deux balles issue d'une brève de comptoir du café du port juste un petit conte...

Il était une fois Bernard & Bianca, B&B pour les intimes, sur leur bateau voguant heureux sur l'Atlantique vers l'ouest.
Rassasiés par les bons fruits et légumes frais cap verdiens,  la vie coulait paisiblement.
Jusqu'à ce matin fatidique où Madame Souris remonta toute penaude de sa pause "éjection des résidus de transit" (pas mal comme terme non ?)
"Euuuuh Minou,
(Sur Ti'Amaraa,  les souris s' appelent minou c'est comme ça)
ze crois qu'on a un problème.  Le WC il nnnaspire pu".

Et voilà B&B devant la cuvette à regarder la boue marronâtre tournoyer sans disparaître.
Bonne nouvelle !!
Il y a une autre salle de bain avec WC dans la souricière tribord de Ti'Amaraa !
Mauvaise nouvelle !!
On est dans la M...EEE !!!!

Pas de problème Mr Souris a la solution.
"C'est la pompe qui doit être obstruée "
Allez, les outils qui se croyaient pénards pour 20 jours, au taf ! Faut la démonter.
Mais qui dit la pompe dit toutes les tuyauteries entrée/sortie et surtout la dite cuvette...
Cool : activité vidage de la cuvette à la main à 10h du mat. Même pas mal. C'est officiel Bianca n'a plus du tout le mal de mer.
Résultat des courses : C'est pas la pompe.

Pas de problème Mr Souris a la solution.
"C'est le tuyau qui doit être bouché. No soucy on va brancher le compresseur"

Moteur allumé,  Convertisseur aussi, c'est parti pour 6 bars ...
Et pafff jolie gerbe de liquide non homologué sur le pov Bernard...Gloupsss...
Résultat des courses : C'est bien bouché mais l'air n'y fait rien..et Mr Souris part se doucher.

Pas de problème Mr Souris a la solution :
Des morceaux type coquille d'oeuf sont sortis. Ça ressemble à du calcaire???? En bons chimistes, les B&B s' activent à repertorier tous les acides du bord.
Une demi bouteille de chlorhydrique pour l'un
2 bouteilles de vinaigre pour l'autre
"Non pas le balsamique !"
Et les voilà en atelier Chimie 2000. Ça mousse, ça agit , ça coule...ils pataugent...Mmmm
Résultat des courses : C'est toujours bouché et ils vont manger leur dernière salade sans vinaigrette.

On zappe l'épisode inspection avec l'endoscope relié au PC, les tentatives de débouchage mécaniques diverses et variées.

Pas de problème Mr Souris a la solution :
" Demain il fera jour"
La porte de communication de la souricière babord en bordel est fermée. Pas grave en nav le carré est le repère des souris nuit et jour. La nuit porte conseil paraît il ?

Et au petit matin :
Pas de problème Mr Souris a la solution :
"On va déconnecter ce foutu tuyau et le déboucher à l'extérieur"
Sur le papier, c'est hyper simple.  On débranche côté cuvette et côté cuve eaux noires et hop le tour est joué.
En pratique,  il faudra entièrement démontrer la cuve d'eau noire pour pouvoir accéder à l'objet du délit.
S' il n'y avait eu que ça... Lagoon c'est du costaud, on confirme ! Ce foutu tuyau est fixé aux parois par une multitude de liens plastiques (type Tirap) tous plus inaccessibles les uns que les autres.
Les premiers sautent sans trop d'encombre. Bernard joue à l'équilibriste tête en bas pour atteindre les derniers "sécurisé" par les petits bras musclés de Bianca. Yes! Ils sont tous coupés. Le tuyau va être libre.
Résultat des courses : le tuyau ne bouge toujours pas et Mr souris se gratte de mille et une piqûres de fibres de verre.

Pas de problème Mr Souris a la solution.
"Ils ont dû aussi le fixer à la paroi côté cuvette"...
A ce moment précis du conte, il ne  faut pas cacher que les oreilles des ingénieurs du bureau d'études Lagoon ont du siffler. Pourquoi toutes ces fixations ? Il va pas s' envoler ce put*** de tuyau !!!! Arrghhh...."

Reprenons...

Bon soit, il faut aller le détacher à l'autre extrémité mais comment ? Le tuyau disparaît derrière la cloison au niveau de la cuvette.  Pas de trappe, le plancher du couloir ne correspond pas.
Shit! Quand ça veut pas...

Pas de problème Mr Souris a la solution.
"On va se faire une trappe"
A côté de la cuvette,  les souris disposent d'un joli petit meuble pour stocker le papier WC et qui sert de refuge pour la pompe eau salée.
Le tour est joué. Il ne reste plus qu'à ouvrir une trappe dans la petite cloison gelcoat arrière.  On n'y verra que du feu.
On reconfirme Ti'Amaraa c'est du costaud.  La "petite" cloison interne du placard s' avère faire plus de 13 mm d'épaisseur de fibre de verre gelcoatée hyper résistante. Mr Souris passera des heures en tailleur à faire le contours à la perceuse avec des forêts de différentes tailles et re-poussière de gelcoat. Qui s' y frotte, s' y pique et s' y gratte.
Bon, ça c'est fait. On va en finir avec cette histoire oui ou non ?
Résultat des courses : il y a bien 4 colliers supplémentaires au fin fond du tréfond de la coque qui sont normalement les derniers remparts à franchir. Et, on fait comment ?

Pas de problème Madame Souris a la solution.
(Faut pas croire mais elle participe depuis le début de la plaisanterie à la fois arpète et femme de menage au fur et à mesure pour minimiser les dommages collatéraux).

Elle peut se faufiler ainsi que ses petites pattes ambidextres et attendre tous les colliers. C'est gagné !!
Euuuuh,  non.
"Minouuuu...
y sont trop durs les colliers.
Zarrive pas à les couper avec la pince".
Petites mains oui mais pas assez costauds.  On peut pas tout avoir.

Pas de problème Mr Souris a la solution :
Et hop, la mini disqueuse Dremel avec son flexible téléscopique est mise au jour.
Quand on dit qu'il faut TOUS les outils en voyage.
Ça va beaucoup mieux.
Bianca s' applique à décapiter les colliers made by Musclor les uns après les autres sans défoncer les câbles électriques aux alentours.
Dieu des souris svp faites qu'il n'y en ait pas d'autres sous le plancher parce que dans ce cas pas sûr qu'il nous reste des solutions.
Résultat des courses : les colliers virent, le tuyau bouge !!! et Bianca se gratte piquée aussi par la même armée d'aiguilles de fibre de verre.
Merci Lagoon et le Dieu des souris ! ALLELUYA !!!

Le fichu tuyau est ainsi amené à l'air libre, les souris aussi.
Le clapet anti-retour est démonté. Tout est entartré en seulement 8 mois ! Du jamais vu sur aucun des bateaux précédents!
Le jet d'eau salée de la pompe de pont et quelques coups de marteau permettrons de venir à bout de l'histoire. Tout est nettoyé comme neuf. En revanche,  pour le remontage on verra plus tard. Il n'y a plus d'urgence.
Les souris jubilent fatiguées,  les mains et les bras endoloris et meurtris mais préfèrent sourire de cette aventure.
Allez, elles vont pouvoir profiter un peu mieux de leur voyage à présent. Parceque pendant tout ce temps, le vaillant Ti'Amaraa assisté de Nestor son pilote a tracé la route. Merci les gars ! Voilà nos B&B à mitransat. Le coucher de soleil s' annonce très joli. Elles ont mérité une belle soirée à la cool, non ?
La boucle est bouclée. Vous comprenez mieux l'apéro dansant, le rayon vert ?
Comme pour tous les personnages de dessins animés,  tout est bien qui finit bien.

Épilogue ou à faire à l'escale :
Acheter du chlorhydrique et autres produits déboucheurs
Se renseigner sur ce phénomène d'entartrage des wc à eau de mer
Prévenir les bateaux copains et autres propriétaires.
Faire une maintenance préventive au moins mensuelle
Acheter du vinaigre et de la salaaaaade.

PS: Vous nous excuserez pour l'absence de photos mais ce n'était vraiment pas à propos de sortir les flashes

La transat


C'est donc terminé ... déjà...
Nous avons traversé avec succès cet Atlantique source pour nous de centaines d'interrogations, de lectures et de rêves. Pour être honnêtes, nous aurions aimé que cet océan soit sans fin tant nous avons vécu ensemble une histoire belle et forte.
Partis du Cap Vert le 3 décembre à 16h utc, nous n'avions volontairement pas de "point de chute" précis défini. Serons nous arrivés pour Noël ? Et où? Tout nous était égal. C'est aussi ça qui fait l'essence même de notre Ti'Amaraa. La liberté de choisir où les éléments nous porterons et ce avec une nav la plus confortable qui soit. Nous verrons bien.

C'est ainsi que nous avons levé l'ancre Cap sur Sainte Lucie et que nous sommes à Bequia. Bé? Quoi?...
On en voit déjà se precipiter sur leurs Atlas et autre Wiki pour nous repérer. Pour info cela se prononce Békué.
Si nous sommes dans l'Admiralty Bay ce n'est pas non plus un total hasard. Il y a quelques années nous avions loué tous les 2 seuls un cata et avions passé une semaine inoubliable entre Martinique et Tobago Cays. Nous avions gardé un très bon souvenir d'escale dans cette grande anse avec notre "Jaspe".
Alors, quand le vent après 3 jours de nav a semblé vouloir nous orienter plus sud que prévu,  il ne nous a pas fallu longtemps pour nous mettre d'accord.
"Et si, nous reprenions l'arc antillais là où l'on s'était arrêtés ?"

Mais bon avant tout ça,  c'est bien la transat l'objet de cet article.
Par où commencer?
Que dire de ce moment hors du temps ?
Comment arriver à expliquer la vie dans notre bulle ?
Pas envie de le faire comme un journal de bord avec les détails de la vie à bord et des conditions de nav jour après jour.
Difficile de résumer en quelques lignes ce que nous avons vécu pendant 16 jours de mer.
Nous rêvions de cette aventure transatlantique à 2. Nous y voilà!
Beaucoup nous déconseillaient de partir sans équipiers.  La gestion des quarts, l'ambiance à bord... Nous n'avons pas écouté le chant des sirènes.  Nous respectons bien sûr ceux qui font ce choix mais nous ne voulions pas ça.
Le Lagoon 39 nous l'a permis. Ce bateau est idéal pour 2. Il passe très bien dans la houle océanique (même croisée !) et a été d'un confort, d'une sécurité et d'une confiance sans faille.  Il est in fine assez simple à la manœuvre. Les forces en jeu n'ont à aucun moment mis en défaut notre équipage "réduit". Manger, dormir, naviguer, bricoler, cuisiner TOUS les jours à plat avec un tel niveau d'équipements de confort est un luxe que nous avons apprécié à sa juste valeur TOUS les jours.
Nous avons aussi appris à mieux le connaître,  comprendre ses manoeuvres, son fonctionnement, à apprivoiser ses bruits et même à anticiper ses mouvements.  Aujourd'hui ouvrir/fermer le code zéro,  gréer le Parasailor...ne nous posent plus de problèmes existentiels.
Nous avons aussi pu décoder son autonomie.
Gasoil tout d'abord :
Partez sur 2,5 L/h par moteur. Les Yanmar consomment un peu moins à 2500 tours mais c'est une bonne base de calcul. Entre les 400 litres du réservoir et 85 litres en bidons nous avons eu assez d'autonomie pour cette transat.
Le manque de vent certains jours ou l'envie d'une bonne douche chaude un autre ont pu être comblés grâce à nos Totoche allumés alternativement.
L'énergie, on a du nouveau !
Nous pouvons à présent confirmer que sous ces latitudes et avec un bon niveau d'ensoleillement quotidien les 600w de panneaux solaires permettent de nous rendre autonome au mouillage (validé à Mindelo) et aussi en navigation.  Petit bémol toutefois on parle bien sûr en nav de jour. Les consos de bord et du pilote sont absorbées. Il y a même du bonus d'ampères pour les batteries. Cependant, en transat il y a aussi les nuits à gérer. Le déficit généré ne peut se remonter.  Notre solution qui joint l'utile à l'agréable : 2h de groupe après dîner. Le temps d'un bon film partagé, les batteries remontent à plus de 13 V. Et c'est gagné jusqu'au lendemain soir.
Bien sûr, si nous avons dû allumer les moteurs dans la soirée par manque de vent (fréquent en fin de transat), on peut se passer du groupe...voire du film...bien qu'avec le convertisseur ça marche aussi très bien.
L'Eau :
Grâce à l'intervention experte et avisée d'un technicien à Ténérife mandaté par Sea Recovery France, notre dessal fonctionne (enfin!). Il nous a tout de même été demandé d'éviter de le mettre en service lorsque la mer est trop agitée afin d'éviter l'admission d'air dans le reseau d'entrée.
Nous avons produit 3 fois 2 heures d'eau (environ 350 litres) principalement pour le tester. Avec 600 litres même en consommant l'eau du dessal il nous en aurait resté à l'arrivée. Nous consommons environ 25 litres par jour à 2 soit un quart de réservoir tous les 6 jours.
Quel plaisir de prendre nos petites douches quotidiennes en mer sans trop se soucier du niveau de la cuve !
L'option eau de mer autant à l'évier qu'en pompe de lavage de pont est très utile et permet d'arriver à ces conclusions en terme d'autonomie.
Nettoyer un poisson fraîchement péché et les salissures sur la jupe à jet d'eau salée...le top!
La pêche parlons en :
La deuxième journée en mer a été couronnée par la remontée à bord de 2 dorades coriphène de 90 cm soit près de 4kg chacune. Nous en avons relâché une. Autant dire que nous l'avons cuisinée et mangée à toutes les sauces et plusieurs jours.  Les valeureux appâts ont été mis en RTT pendant 10 jours le temps que le stock diminue. Et dire que nous ne comptions pas sur le fruit de notre prélèvement naturel à la mer !
Il a fallu in fine apprendre à gérer les ressources pour ne pas perdre les produits frais embarqués et ceux récoltés... Pas facile notre vie...
Une fois remotivés à pêcher,  nous avons dû abdiquer quelques jours devant une multitude d'algues flottantes qui se prenaient dans les appâts.
Mais compte tenu de l'avitaillement du bord, on ne risquait ni la malnutrition ni le scorbut.
Enfin le 15 ème jour, nous avons remonté un baliste bois, espèce rare d'après nos tablettes. Nous l'avons immédiatement remis à l'eau.
Quant aux conditions météo ?
Tous les modèles étudiés avant le départ étaient de bonne augure.
Les gribs pris en mer tous les 3 à 4 jours par l'iridium nous ont permis de nous frayer un chemin parmi les dépressions et les calmes anticycloniques.
Nous avons pu profiter les 6 premièrs jours d'une pleine lune magique faisant miroiter l'océan toutes les nuits après nous avoir laissé profiter de la voute étoilée en guise de dessert quotidien.
Les journées ont toutes été très ensoleillées. La chaleur et la puissance du soleil sont montés crescendo. Jour après jour nous avons vu la température de l'océan grimper de 26° au Cap Vert à 30° à partir du 15 ème jour de la traversée.
Passé le 50° ouest, la nav a changé. Nous avons connu des jours et des nuits sans vent sur un océan aux allures d'un lac avec le compteur de miles quotidien inférieur à 120nm. Nous avons aussi fait connaissance avec les fameux grains et leurs accélérations et désorientation du vent. Ces nuages gorgés de pluie de fin d'après-midi ou de nuit nous ont fait vivre des sessions de voile sportives par plus de 30 noeuds et des surfs à près de 10 noeuds pour notre Ti’Amaraa sous Parasailor . Aouuff ça décoiffe.
On a fini par apprendre à les "passer" sans forcément réduire la voilure en essayant juste de profiter de l'accélération offerte. Pas toujours simple cependant. Merci au radar pour l'indication de localisation des pluies (surtout la nuit!), parceque faire les singes à l'avant de nuit sous la pluie par mer de travers même attachés et avec nos gilets lorsque l'on peut s' en passer on ne s' en plaint pas.
À ces grains près (mais qui font partie intégrante de la nav sous ces latitudes), on ne pouvait rêver meilleures conditions pour traverser.
Et la nav dans tout ça ?
Qui dit belles conditions météo ne dit pas forcément belles sessions de nav. En effet, un temps trop beau et souvent synonyme de journée "moteur" par manque de vent.
Nous avons eu 4 journées et 4 nuits avec un vent très faible. Lorsque l'état de la mer permettait une vie à bord confortable nous restions ainsi à la voile à 3, 4 noeuds (vive le Parasailor). Mais faire le bouchon sur l'océan au gré de la houle croisée pendant des heures, c'est pas trop notre truc. Merci les Yanmar pour le coup de pouce ces moments là.
Tous les autres jours nous avons eu du bon vent : jamais trop fort (maxi 35 noeuds ponctuellement sous un grain), jamais rafaleux. Éole nous a offert un bon 15 noeuds de moyenne.
Une traversée de rêve comme nous n'osions plus en rêver à la lecture de nombreux recits d'équipages désenchantés à l'arrivée. Et bien si, elle existe cette transat avec farniente à l'ombre, lecture, écriture, bricolages, cuisine, nuits sereines...nous avons eu la chance de la vivre.
Les journées à 20/25 noeuds de vent ont été toutefois les plus fun. Ti'Amaraa filait et on s' est régalés du spectacle.
Quant aux allures, nous avons choisi de faire principalement du portant (vent arrière). Nous avons eu aussi un peu de travers avec une houle 3/4 arrière mais assez confortable.
Nous avons pas mal joué avec nos voiles d'avant. La première moitié de la route, nous  avançions au maxi la journée sous Parasailor ou avec Code Zero et Genois (voiles en papillon) en suivant un angle de vent supérieur à 120° puis nous reprenions du cap la nuit sous code zéro avec un vent plus de travers (90° à 120°).
Il ne faut pas imaginer tout de même que traverser c'est le Club Med. Il y a des moments où la voile c'est du sport. Changer le jeu de voile d'avant nécessite à chaque fois une bonne session de gym et histoire de se tenir en forme, la plupart du temps, on faisait ça au petit matin avant le p'tit dej.
Ajoutez à ces manip un zeste de bonne houle croisée qui vous fait tituber à chaque pas et vous pourrez imaginer la vie à bord certains moments.
Dès le 8ème jour, le vent arrière s'est établi, la houle a tourné arrière et l'Imperator Parasailor a assuré même sur les petits souffles d'air jour et nuit
en nous laissant remiser nos mitaines et autres manivelles de winch. C'est vraiment LA voile qu'il faut à bord si l'on veut faire du portant avec un tel cata sans embarquer un camion citerne de gasoil.
Comme dit le Cap :
"On régate pas, on se régale"
Alors,  oui on aurait pu faire plus vite, oui on aurait pu optimiser la route, oui on aurait pu réduire les voiles plus tard à la vue de grains, oui on aurait pu appuyer un peu plus au moteur les jours de vent molasson...oui mais ce n'aurait plus été le voyage de Ti'Amaraa et sa philosophie.  Tant pis pour les chronos et les tabloïds.
Ceci dit 16 jours de mer pour une lourde maison flottante à 2, avec 4 jours sans vent, on est très satisfaits. C'est honorable. Nous ne sommes pas des compétiteurs, nous sommes des globe flotteurs hédonistes.
Certains pourront penser que c'est ennuyeux et long.
Tiens, qu'avez vous donc fait de ces journées ?
Contre toute attente, peu de lecture au début du trip. L'envie de profiter  de l'univers dans lequel nous étions immergés et de l'aventure que nous vivons nous a empêché de nous plonger dans n'importe quelle fiction si bonne soit elle.
A l'exception toutefois à partir de la mitransat de 2 ouvrages : "le voyage autour du monde" de L.A De Bougainville pour l'un et "le dictionnaire amoureux de la mer et de l'aventure" de JF Deniau pour l'autre. Allez savoir ce qui nous a intéressé ?
Nous avons surtout discuté, écrit,  joué, visionné des films et des classiques de dessins animés, cuisiné, dormi aussi! Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas pris le temps tous les 2 ainsi.
Qui dit cuisiner dit manger...Au sûr,  on s' est soignés pendant ces journées de mer. Il paraît que c'est important pour le moral de l'équipage.  Si beaucoup perdent des kilos sur cette route, il faut craindre que ce ne soit pas notre cas. Nous aurons le temps plus tard lorsque l'avitaillement se fera plus rare et plus cher aux escales.
Nous avons aussi eu une autre activité en première semaine....patience un article suit spécialement dédié à ce off transat...
Nous avons filmé des instants de cette vie et finissons de compiler tout ça pour vous l'offrir très vite. Une petite vidéo vaut plus que de long discours....Et là,  on commence à être un peu long.
Alors pour finir, nous voudrions juste souligner le plaisir que l'on a eu à recevoir vos messages avant, pendant et de vous lire à l'arrivée.
Comme publié précédemment,  l'arrivée a été très douloureuse compte tenu des circonstances familiales.  Le choc aussi violent que la joie était grande en nous.
Nous avons été profondément touchés par tous vos gestes et messages de soutien. 
Merci à tous et Merci à nos reporters en chef à terre !!
Sans oublier les échanges SMS Iridium réguliers en mer avec les équipages de Carabosse et de Marie Galante. Bien qu'à plusieurs dizaines de miles les uns les autres, nous avons fait route ensemble et c'était extrêmement bon (et rassurant aussi) !!!
À bientôt dans un beau mouillage les copains.
Le mot de la fin est et restera pour Ti’Amaraa qui est un bateau EXTRAORDINAIRE !!!
Vous l'aurez compris, nous sommes définitivement FANS !!
Prix, Autonomie,  Fiabilité,  Confort, Espace, Sécurité dans 39 petits petons.
Et nous dédions ce post à tous ceux qui critiquent le Lagoon 39, trop lourd, trop petit....une caravane...et blablabla et blablabla.
Bravo Zoulou* Ti'Amaraa !
*Bravo Zoulou : Message par lequel les autorités de la Marine Nationale après exercices, opérations... font savoir "terminé,  félicitations"
Jean François Deniau

Monday, December 22, 2014

Message

Chère famille, Chers amis, Chers lecteurs,

C'est avec un mélange de grande joie mais aussi de grande tristesse que nous vous confirmons notre arrivée dans l'arc antillais. Nous sommes à Bequia aux portes des Grenadines.
Un douloureux deuil aillant frappé notre famille nous ne nous sentons pas le coeur à publier pour le moment les 2 articles et la vidéo préparés en cours de navigation.

Merci à nos proches d'avoir géré cette épreuve en nous laissant finir notre aventure en gardant pour eux le secret et leur peine.
Que l'arrivée fut triste mais merci pour vos messages de soutien.
La Vie réserve parfois de sacrés ascenseurs émotionnels.

Rdv l'année prochaine pour le debrief de ces 16 jours hors du temps lors desquels Ti'Amaraa nous a conduit à travers un bel océan vers notre nouvelle phase de vie.

Prenez soin de vous,
"Sea you",
Bernard & Sandra

Wednesday, December 3, 2014

Go !!!!

Départ de Carabosse et Marie Galante ce matin ainsi qu'une bonne dizaine d'autres bateaux aujourd'hui.  Ce n'est pas une fenêtre météo c'est la journée "portes ouvertes" sur l'Atlantique. Bye bye les copains. On se retrouve en route ;-) Les Iridium vont chauffer.
Pour nous start cet aprem.
Merci encore à tous pour vos bonnes ondes.
Bizzz à tous et rdv au soleil d'ici 20 jours...HiHaaaaa

Friday, November 21, 2014

Comptez tout !

La dernière ligne droite avant la traversée est aussi synonyme d'inventaires en tous genres. Nous vous faisons grâce de nos listes de trucs à faire avant de quitter Santa Cruz,  ce qu'il faut acheter, l'avitaillement par coffre, les litres de gasoil, d'essence et d'eau...etc...etc...
On essayera plutôt de faire le bilan à l'arrivée de ce qui nous a manqué,  ce que nous avons apprécié et ce que l'on aurait pu éviter d'embarquer.

La seule liste que nous partageons comme promis dans un précédent post, est l'inventaire de notre kit de survie. Nous espérons sincèrement l'avoir préparé pour rien. Mais bon, cette liste pourra donner une base de relexion à des équipages en partance.

Avant

Après

Sac "survie" :
Pharmacie
2 couverture de survie
1 tube d'écran total
1 carnet à spirales
3 stylos
1 jeu de piles diverses
1 GPS portable
2 lampes frontales
1 lampe sans pile (à dynamo)
2 cornes de brume dont une à gaz
Kits de réparation vinyl
1 rouleau de scotch très résistant
1 kit de pêche (fil, hameçons, appâts)
1 paire de gants cuir
20 m de bout
1 couteau multifonctions
Casquettes
Lunettes de soleil
2 paréos
2 serviettes de toilette absorbantes
4 gourdes souples + entonnoir
Sacs poubelles et ziplock pour récupération eau de pluie
Biscuits
Cacahuètes non salées (produit hyper calorique)
Lait concentré sucré
2 combinaisons de plongée 2mm
1 voile de traction rouge (pour être dynamique sur l'annexe ou le bib et surtout pour être plus facilement repérable par des secours aériens)

Sac "Urgences" :
Iridium extrême et sa balise intégrée en relation avec geos assistance
Vhf flottante et étanche
Téléphones portables (gps)
Papiers du bateau
Livre de bord
Papiers identité
Cartes bleues
Argent liquide
Appareil photo
Disques durs
lampe avec traceur laser rouge



Emportés dans l'annexe et le BIB au dernier moment :
2 gilets de sauvetage
2 bidons d'eau
Le coffret de fusées du bateau
La bouée fer à cheval avec sa lampe à éclats et ses 30 mètres de bout

Pour parfaire notre équipement du parfait survivor, nous sommes tous les 2 équipés de bracelets type Cobra. Les bracelets de survie inventés par les militaires américains.
A défaut de paracorde, nous les avons confectionnés avec du bout marine coloré. 2,50 mètres toujours dispo au poignet du Cap et 2 mètres pour sa seconde. Avec ça,  on ne risque plus rien c'est évident.  Et puis,  on peut être à la dérive tout en gardant une certaine élégance,  non ?

Made on board

Et puis, dernier petit délire du jour : en faisant nos dernières courses nous avons eu 2 pochettes surprises offertes à la caisse.
Initialement destinées à des enfants, notre curiosité a pris le dessus. Voilà ce que nous avons trouvé :

Monsieur & Madame Indestructible !!!
Si ce n'est pas un signe que l'on ne risque rien ;-)


Thursday, November 20, 2014

Canaries Côté Terre and Go !

Nous n’avons pas visité, ni amené Ti’Amaraa dans les 7 îles qui composent ce splendide archipel… On ne peut pas tout faire. A la voile, à pieds, en vélo, en bus ou en voiture, nous avons pu explorer La Graciosa, Lanzarote, Gran Canaria & Tenerife.

Il est très difficile de faire une sélection tant ces îles sont belles, similaires et différentes en même temps : des zones désertiques, des reliefs hachés, de beaux villages … Elles ont toutes leur charme. Impossible de choisir parmi les centaines de photos prises aux détours des chemins. Nous avons voté et tranché : une seule photo par île ! Pourquoi ? Pour vous laisser découvrir. Amis marins, randonneurs, amis motards ou tout simplement amis curieux, venez voir par ici! Cela vaut vraiment le détour par la mer ou par les airs (il y a des vols low cost très intéressants au départ de Barcelone ou Madrid). Loin du cliché des villages hôtels, chaque île vous émerveillera à sa manière et vous permettra de vivre des balades inoubliables.

La Graciosa :
La petite sauvage avec cette sensation de débarquer à Tatooine  au bout milieu de l’univers de fiction de Star Wars. Une île quasi désertique vallonnée de volcans ocres où le temps s’est arrêté dans l’unique village aux ruelles de sable. On l’a déjà dit le mouillage y est merveilleux mais l’excursion terrestre jusqu’au sommet de la Montana Amarilla faut le détour.



Lanzarote :
Bienvenus sur la Lune ! Une multitude de cônes volcaniques, une ligne de côte étonnante, une eau cristalline et toujours ces superbes villages aux maisons revêtues de chaux blanche et aux volets bleus ou vert. Encore un autre monde.


Gran Canaria :
Un continent en miniature avec la grande ville à l’européenne Las Palmas, un désert de dunes, des forêts, des massifs volcaniques spectaculaires et tous les types de côtes et de plages. On y trouve tout même les embouteillages et le stress des habitants des capitales mais cette île mérite une découverte de ses beautés cachées loin du tumulte urbain.


Tenerife :
Des amis navigateurs nous ont dit : « vous verrez c’est l’île de l’éternel Samedi ». L’éternel Dimanche étant La Goméra. Nous ne comprenions pas trop la signification… Une fois débarqués à Santa Cruz, on comprend très vite. La vie est douce ici. Les locaux sont calmes. Peu voire pas de coups de klaxon bien que cette capitale soit très animée. Et si l’on part à la découverte de l’intérieur de l’île, c’est juste extra !
Ténérife est l’île des superlatifs :

  •  La plus grande de tout l’archipel
  • Le plus haut sommet d’Espagne : El Teide 3 717 m
  •  L’arbre le plus vieux croisé sur notre route (et oui Léon, prends en de la graine) : le dragonnier millénaire d’Icod
  • La plus ancienne forêt de lauriers d’Europe : la laurisilva des monts d’Anaga datant du tertiaire
  •  Les vallées les plus fertiles : bananiers, vignes, avocatiers … tout pousse ici et tout est excellent !
  • Les routes et chemins les plus vertigineux
  •  Et on en passe …
Ténérife restera notre meilleur souvenir terrestre de cet archipel.



On comprend que certains navigateurs soient tombés sous le charme de ces îles et y passent plusieurs saisons avant de traverser (s’ils traversent un jour). Pour nous, la question ne se pose pas. Après ces mois d’attente en marina, il est temps. Nous avons des fourmis sous les coques. Ou plutôt quelques chapeaux chinois que le Cap’ armé du Waveblade a dégommé hier. L’avitaillement est bientôt fini. Tous les supermarchés locaux ont l’option livraison gratuite (ou pas) directement à la marina. Nous avons fait les dernières courses chez Carrefour. Le livreur est arrivé à l’heure prévue et nous a hissé les bacs de courses sur le pont. Nous n’avons même pas eu à descendre du bateau. Le top ! Vu les volumes et poids, ce n’est pas négligeable. C’est sûr, on emporte TROP !! Soyez rassurés, on ne va pas mourir de faim, ni de soif.

En bon toulousains, le cassoulet n'est jamais loin ;-)

Viandes, charcuterie et fromages sous vide avec des DLU jusqu'à avril !

Cap va être mis fin de semaine vers le Cap Vert. Il existe deux « options » de transatlantique : soit direct des Canaries, soit via le Cap Vert. Dans le premier cas, il y environ 2700 nm (environ 4850 km) à parcourir d’une seule traite. Dans l’option que nous avons choisie, nous allons faire un premier step d’environ 850 nm (environ 1500 km), un stop repos à Mindelo puis environ 2000 nm (environ 3500 km). En théorie, ça « rallonge » un peu mais nous préférons faire ce stop après 5 à 7 jours de route, histoire de se reposer un peu. De plus, nous aurions regretté de ne pas faire escale au pays de Césaria Evora. D’ailleurs, ses notes accompagnent nos dernières journées de préparation. Si c’est pas se mettre dans l’ambiance ça !!

Allez, on file finir de préparer tout ça. Ce soir, on checke la route et la météo avec l’équipage de notre bateau copain MilPat autour d’un dîner. Nous allons partir en « flottille » Lagoon. Ceci dit dimanche l’ARC part de Las Palmas, notre petit doigt nous dit que nous n’allons pas être les seuls dans l’aire de jeu.

Bon sens Bonne force



Monday, November 17, 2014

Priez pour nous pauvres pêcheurs !

Non, ce n'est pas le cri dans la nuit de candidats à la traversée océanique. Nous ne vous demandons pas amis lecteurs de sortir vos cierges, amulettes et autres poupées vaudou pour invoquer les éléments. Il s' agit simplement d'un petit article qui aurait aussi pu s'appeler : "la pêche pour les nuls" avec les infos de base que l'on aurait aimé lire avant de partir.
Une fois de plus ce n'est certainement pas académique ni puriste mais uniquement ce que l'on a pu compiler depuis ce bout de route.

Tout d'abord, nous avons commis l'erreur d'acheter du matériel en France avant le départ.  Au mieux, c'est le bon mais trop cher. Au pire, ce n'est pas adapté et cher aussi ! Bref, à tous les coups on gagne pas !
Notre conseil : gardez le budget et faites escale à Santa Cruz de Tenerife. Vous y trouverez un accastilleur très bien achalandé "La Marina" (en face de l'auditorium).


Hameçons, fils, leurres....sont à des prix très intéressants et correspondent aux besoins de la vraie pêche en mer. Et si vous y rajoutez une halte au Décathlon de la Laguna votre équipement sera au complet à moindre frais. Vous y verrez le prix de certains articles comme les moulinets Penn divisés presque par 2.


Avant notre départ de La Rochelle,  notre ami et expert pêcheur Thierry avait pris pitié à la vue de notre matos made by Playmobil. Il nous avait offert THE moulinet un Penn Senator 6. Pour les novices comme nous, c'est la Rolls des moulinets ! La prunelle de nos yeux ! Nous l'avons monté et laissé "tremper" notre appât pendant des miles et des miles....mais aucun poisson dépressif n'est venu se suicider sur notre hameçon.  Enfin si, un en arrivant aux Canaries ! Mais notre inexpérience doublée de notre impatience ne nous ont pas permis de le remonter. On vous raconte pas la déception le repas suivant devant notre salade de riz...et les visions salivantes de carpaccio et de filets de poisson au lait de coco.

Force est de constater que les premiers miles sur un bateau neuf ne sont pas le meilleur moment pour s' initier à la pêche.  Trop absorbés par nos navigations et nos manoeuvres,  nous avons  misé sur le facteur "chance du débutant". C'est officiel : ce n'est pas suffisant. 
Lors de l'escale aux Canaries, il fallait que l'on comprenne le pourquoi du comment !
Et pour ça rien de mieux que les échanges avec les bateaux copains ! On est vite arrivés à la conclusion que nous n'étions pas un cas isolé et que beaucoup d'équipages étaient toujours bredouilles. Ça ne fait pas avancer votre schmilblick mais cela fait du bien. ;-)
La rencontre avec le capitaine/pêcheur de Marie Galante un bel OVNI 43, aura été hyper enrichissante.  Merci Mich' pour le temps passé à nous montrer, à nous expliquer, à nous apprendre les noeuds, à échanger des leurres et un grand merci pour le montage "modèle" offert. Rdv au Cap Vert ou aux Caraïbes pour la comparaison de nos tableaux de pêche !


Si l'on cherche à résumer le matos important et nécessaire à bord :
- de bons moulinets (Penn Senator 4 & 6 par exemple)
- des leurres type calamars et poissons de toutes tailles et de toutes couleurs
- des plombs pour lester les leurres
- des hameçons doubles en inox
- du fil acier pour les bas de ligne

Ensuite, il est préférable et plus économique de monter ses lignes en ayant acheté les éléments individuellement. L'atelier ressemble un peu à une activité loisirs créatifs pour hommes où tels les ateliers perles il est question d'ordre, de couleurs, de noeuds, de fils... De vrais petits artistes nos capitaines ! Attention, nos Cap ne font pas qu'enfiler des perles !

Autre point important : refaire les bas de ligne des appâts achetés montés.  En effet,  à la vue du fil fourni, il semble que les fabricants de ces produits aient basé leurs conceptions sur le fait que seuls les poissons édentés mordaient.
Lorsque l'on voit les mâchoires d'une dorade ou d'une bonite, on se dit que le malheureux fil nylon a peu de chance de résister à moins qu'elles aient retirer leur dentier pour l'occasion.  De même les hameçons doivent être doubles pour assurer une bonne prise.
Compte tenu des prix unitaires,  il est important de minimiser la casse et les offrandes à la mer.

Nous sommes à présent hyper super extra équipés...y'a plus qu'à....
Promis,  on publiera les photos des prises.  Si prise il y a !
Dans le doute, l'avitaillement est en cours.


Ah on oubliait, les bonites aux Canaries sont à moins de 3€ le kilo sur les marchés. Il nous tarde d'avoir rentabiliser notre matériel...
Sur ce thème le volet rapport performance/prix reste encore très abstrait mais est ce vraiment le but ?
Imaginez le plaisir d'entendre le moulinet siffler, de voir la canne se plier, de sentir son coeur s' accélérer pour in fine déguster le fruit de notre pêche en navigation ou à l'escale. Cela n'a pas de prix ou plutôt on ne compte pas.
A chacun son violon d'Ingres...

Saturday, November 15, 2014

Et la lumière fut

Lors du dernier article MOB,  nous avions fait part de notre regret quant à l'absence de lumière flash associée à nos Lifetag.
Nous avions décidé de faire reprendre du service à notre vieille lampe à éclats. Et puisque nous n'en avons qu'une de le jouer "passage de témoin" dans la course de relais qu'allaient être nos quarts.
Il fallait se rendre à l'évidence après le xème quart de la xème  nuit le flash avait toute les chances de ne plus faire partie du jeu.
Nous sommes donc partis farfouiller dans le monde merveilleux des shipshandlers. Ces espaces magiques d'où l'on ressort toujours avec un truc "génial" pour le bateau. ..alors qu'on était juste entrer pour jetter un coup d'oeil. Dans notre cas ceux sont plutôt les euros que l'on jette chez eux...mais on est un peu maso, on aime ça !
Nous voilà donc partis à la recherche d'une petite soeur à notre lampe. A défaut de spot orange,  nous avons trouvé le Graal!



Hyper compact et à déclenchement automatique à l'immersion,  nous avons trouvé la lumière de nos rêves.  Et à 13€ pièce, nous sommes repartis avec 2 ... plus quelques bouts et autres bricoles (quand on vous parlait de l'effet shipshandlers...).




Plaisanteries mise à part ces Lifejacket Light : Safelite II produit par Lauzas sont exactement ce qu'il nous fallait.


Seul hic, il va faloir maintenant trouver un nouveau jeu au passage des quarts...

Tuesday, November 11, 2014

MOB

MOB (en langage terrestre) : engins à 2 roues que vous trafiquiez messieurs pour nous impressionner....si, si on en connaît.

MOB (en mode nautique ) : signifie Man Over Board ... soit Homme à la Mer. C'est nettement moins fun du coup.
Rassurez vous, ce n'est pas la réaction des capitaines suite aux MALC du bord (voir l'article Women in nav plus bas).
Il s'agit bien au contraire d'une situation grave et dangereuse qu'aucun équipage ne souhaite vivre.
De nombreux marins même galonnés ont malheureusement été confrontés à ces accidents avec les fins tragiques que l'on connaît. Certains ont eu beaucoup de chances et on pu être sauvés grâce à un téléphone portable ou du matériel adapté.

Entrant dans la phase active de préparation de la transat, nous commençons aussi à preparer les éléments de sécurité comme le "sac de survie" et checker tout le matériel.


Nous avons à bord 2 bracelets lifetag Raymarine en liaison avec une centrale installée à la table à carte et reliés aux afficheurs du bord (lecteur de carte, repetiteurs...). Nous avons profité de l'escale pour tester le fonctionnement. L'alarme s' enclenche après 10 secondes d'immersion.  Au sûr, compte tenu des décibels,  l'équipièr(e) restant à bord sera réveillé.
Associé à l'électronique Raymarine, on visualise très vite : le point de chute enregistré automatiquement, le cap retour à prendre ...
Les bracelets sont compacts et légers. Ils peuvent aussi être fixé sur le gilet. La décision est prise : nous les porterons pour la transat.



Notre seul regret est qu'ils ne soient pas équipés de flashs lumineux pour faciliter la localisation de nuit. Nous avons bien une lampe à éclats que nous attacherons aussi au gilet by night.


Mais bon, équipes de Raymarine cela faudrait peut être le coup de se pencher sur l'idée. Cela éviterait de ressembler à un sapin de Noël lors des quarts.

D'ailleurs en discutant de ce point avec le charmant équipage de Carabosse, Jennifer & Guillaume nous ont montré leur MOB. Et là, on a été séduit.  Il s' agit d'une balise de detresse individuelle wamblee W420. Elle contient un gps, un eclairage Led et surtout elle envoie le signal MOB par AIS/VHF. Tout bateau dans le secteur d'émission/réception recevra le signal de detresse. Cet équipement est relativement compact, autonome et peut être embarqué quelquesoit la marque de l'électronique du bord. Et puis, si on change de bateau, le wamblee suit. Nous aimons bien ce type de solutions "sioux". Dommage ... connue trop tard.

Le but reste tout de même de ne jamais avoir à utiliser ces équipements. Cependant,  un équipage averti et vaut deux.

Monday, October 27, 2014

Canaries, côté mer

Les Canaries, c’était jusqu’à présent pour nous le « détail » sur la route transatlantique. Un point de passage obligé et certainement agréable à mi-chemin avec les Caraïbes, limite on vit déjà en mode caribéenne mais pas une fin en soi.


Et bien, nous nous étions trompés. Ce n’est pas cela ! Il s’agit d’un vrai « continent » à part à entière riche en panoramas spectaculaires et en culture insulaire hispanique attachante. Mais aussi une étape de navigation nouvelle. Déjà pour les atteindre !! On rentre dans la cour des grands et on se sent petit au début face à cet Océan et cette Houle. Rassurez vous ce n’est pas catastrophique et on s’y fait très bien. C’est juste assez nouveau. Pour avoir échangé avec pas mal d’équipages ici, nous avons pu remarquer que nous étions tous arrivés à la même conclusion :
Les Canaries, ça se gagne !

Arrivée sur La Graciosa

Vent vrai : 32 noeuds ;-)

On comprend mieux à présent pourquoi des bateaux ou des équipages mal préparés arrivent ici et arrêtent là leur programme de navigation. Il faut vraiment embarquer à bord des personnes sensibilisées et qui ont envie de cette aventure car il peut y avoir des journées un peu rockn’roll.
Le trip : Tiens, cet été j’approche le bateau aux Canaries pour qu’il soit près pour la transat en novembre. J’embarque les couples d’amis non préparés qui s’imaginent en mode la croisière s’amuse  avec des plages cocotiers à l’arrivée…
On déconseille fortement !! Ne vendez pas ça à vos équipiers !!

« Situées autour du 28° Nord, baignées par le courant éponyme et soumises aux alizés de Nord Est, les îles des Canaries jouissent d’une température moyenne annuelle de 25°C dont les variations excèdent rarement les 5°. Cet archipel est surnommé les îles de l’éternel printemps ». C’est sûr vu de ce côté-là, ça ne peut être que le top, ici.

« Les paysages côtiers à l’approche par la mer alternent entre plages de sable blond, de sable noir, de galets et aussi des affleurement de roches volcaniques et des abrupts qui découpent l’horizon »
Impeccable, on va se faire de beaux mouillages sauvages.

Loin des clichés des Tour Operators, qui d’ailleurs opèrent principalement dans les villes/hôtels parsemées sur chaque île qui ressemblent plus à un décor Disney qu’aux villages canariens, nous avons découvert un bassin de navigation beaucoup plus subtil et capricieux que nous l’attendions. En effet, du fait des reliefs intérieurs culminant souvent assez (voire très) hauts ainsi que du caractère sombre des roches, des phénomènes d’accélération du vent sont réputés sur tout l’archipel. On ne parle pas des traditionnels effets dans les chenaux inter-îles mais vraiment de phénomènes caractéristiques à certaines zones. On a testé pour vous à plusieurs reprises : la prise d’un ris avant d’arriver dans ces zones s’avère fort efficace !


Prenez l’exemple de Lanzarote : navigation tranquille vers le Sud sur la côte Est. Un petit vent doux, régulier et au portant 15/20 Nœuds, bien quoi ? C’est sans compter sur l’effet de début d’après-midi d’Arrecife et son caractéristique vent de terre plus ou moins fort pendant quelques heures. On s’est donc retrouvés avec des rafales assez subites d’une bonne trentaine de nœuds. De même dans le canal entre Lanzarote et Fuerteventura, Ti’Amaraa a surfé avec des rafales à plus de 40 nœuds. On se serait presque crus de retour dans le golfe du Lion.
Autre exemple, pour remonter du sud de Gran Canaria vers Santa Cruz de Tenerife, un capitaine de ferry à donner le tuyau à des amis qui devaient faire ce tronçon pour éviter les zones les plus critiques : longer la côte ouest de Gran Canaria jusqu’à Puerto San Nicola, puis traverser vers Tenerife direct sur le pointe d’El Socorro pour ensuite remonter sur Santa Cruz en longeant les côtes.
Dans tous les cas, il faut bien sûr prendre sa météo et en particulier sur des sites locaux tels que sail.meteosim.com qui prennent en compte les spécificités de leurs îles, leurs effets de côtes avec de fortes accélérations et s’avèrent assez redoutables de précision.

Les zones noires et grises étant à plus de 40 noeuds

Et les mouillages ?
Le projet de passer ici vos nuits dans de jolies baies doit rester assez limité. La nature des fonds varie mais on tourne surtout sur des pierres, des blocs volcaniques. Il y a bien sûr quelques fonds de sable mais ils restent assez rares. De plus, ils sont souvent assez rouleurs du fait de la houle océanique qui règne dans le bassin de navigation.
Le mouillage de la Playa Francesa à La Graciosa restera pour nous le meilleur et le plus beau mouillage des Canaries, et ce, même si on a pris plus de 40 nœuds pendant 3 jours consécutifs.

THE Mouillage !!!
Nous avons aussi passé une belle escale à Arrecife sur corps mort derrière la jetée du petit port de pêche. Voici le point GPS : 28.57.2077 N / 13.32.9875 O. Cette zone est identifiée comme mouillage sur les cartes. Nous avons essayé d’y planter notre Delta 32 kg à plusieurs reprises. Rien à faire. Les blocs ronds volcaniques roulent au fond et ça ne tient pas du tout ! C’est grâce à Mat un franco-polonais sur corps mort depuis 2 ans que nous avons eu l’info qu’ils étaient disponibles et gratuits. Il est vrai que la malheureuse frite de pataugeoire jaunâtre qui flottait ne nous tentait pas trop à l’accroche. Il nous a assuré que c’était un super corps-mort. Il avait raison. La confiance n’excluant pas le contrôle. Le Cap’ a plongé pour vérifier la taille des blocs. Effectivement, Madame frite était reliée à 2 énormes blocs de béton. On a dormi sur nos 2 oreilles. Et beaucoup plus au calme qu’à la marina d’Arrecife éternellement en travaux depuis de nombreuses années….et fort chère.

Arrecife sur corps mort

On était le seul bateau de voyage


Parlons des ports ?
Chaque île en propose plusieurs. Il y a deux catégories. Ceux qui sont en gestion publique (municipale) comme à Las Palmas où nous avons payé 13€/nuit (eau, élec, wifi compris). Et ceux qui sont en gestion privé où les prix, la qualité des services et la possibilité de rentrer en cata varient beaucoup. Nous avons testé la marina Rubicon à Lanzarote et Santa Cruz à Tenerife. Elles sont toutes les 2 aux alentours de 30€/nuit pour le Lagoon 39 avec eau et elec. Le Wifi est une bête curieuse qui  joue souvent la fille de l’air dans ces marinas. Soit les places sont trop loin du hotspot (d’où l’achat des antennes) soit dans certaines marinas comme à San Miguel (Tenerife) il faut aller au café du coin…

Ti'Amaraa arrivant à la marina Santa Cruz de Ténérife

Marina Rubicon Lanzarote

Muelle Deportivo Las Palmas Gran Canaria

D’une manière générale, en catamaran, il faut bien se renseigner voire réserver avant sa place car certaines petites marinas ne disposent que peu de places pour multicoques (comme Puerto Mogan à Gran Canaria). Préparez vous aussi dans ces petits ports à l’escal...ade.
Oui, oui, vous avez bien lu. Les places cata sont souvent contre les quais bétons et avec les amplitudes de marées ça donne ça pour aller à terre … expérience vécue par nos amis avec leur Lagoon 450 à Puerto Mogan (merci pour les photos)

Marée haute : jusque là tout va bien


Marée basse ... No comment :-)

Nous n’avons bien entendu pas fait escale dans toutes les îles, ni tous les mouillages, ni tous les ports. Il ne s’agit que de notre vision partielle de l’escale aux Canaries. Nous avons beaucoup aimé cette escale même si Ti’Amaraa a dû y attendre sagement au port le retour des alizés, et la disponibilité de l’équipage. Venez aux Canaries et si vous pouvez prévoyez d’y rester un peu. Il y a tellement d’îles et de beauté à découvrir. C’est fort dommage de ne les voir que comme une escale technique éphémère avant de traverser. Mea Culpa !


A suivre, un article Canaries côté terre (comme d’hab) avec là aussi nos impressions sur les sites que nous avons vu . Et pour ménager le suspens nous ne dirons qu’un mot :  Waouuuuu