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Wednesday, January 27, 2016

Houle et Surprises


Cela fait une petite quinzaine que nous voguons en solo loin des "cyber-ondes". Enfin pas si seuls que ça... Madame Houle DeNord (une aristocrate c'est sûr) s'est associée à Monsieur Bonnesurprise pour faire et défaire notre programme initial...à bon essiant.

Au départ de Pointe à Pitre, jusqu'au dernier moment, deux options de route nord sont restées à l'étude: côte au vent ou sous le vent ?
À l'étude des fichiers météo, les paramètres de vent invitaient à partir côté Atlantique.
Cependant, la fameuse dépression subtropicale transformée en Ouragan Alex sur les Açores a laissé sur son passage cette fameuse aristo.
Après un tour de l'île par la route avant le départ et une réunion de l'équipage, à l'unanimité (2 voix contre... heuu... 0), nous décidons de passer comme l'année dernière par la côte Caraïbe. Certes, nous aurons moins de vent mais nous serons à l'abri de cette houle qui s'amortit progressivement.

Nous avons choisi de faire escale au niveau de la réserve Cousteau, les mouillages encombrés en février d'Anse à la Barque et de Deshaies ne nous ayant pas laissé de souvenirs transcendants...
D'après notre guide nautique, il y aurait quelques rares bouées (jaunes) à disposition des plaisanciers au coeur de la réserve Cousteau aux abords de l'ilet Pigeon.
Lors de l'approche, nous découvrons bien 3 bouées jaunes perdues au milieu d'une multitudes de blanches (réservées aux professionnels du tourisme).


Une est disponible. Il est précisé qu'elle peut être utilisée par des bateaux jusqu'à 12 mètres. Ça tombe bien Ti'Amaraa affiche 11,74m sur ses papiers.
Oui mais... bof...
L' espace entre les bouées est riquiqui. La faiblesse du vent fait que les embarquations tourniquotent dans tous les sens. Elle ne semble pas adéquate pour notre cata.
L' ilet est aussi abordé par une armada de kayaks et autres snorkellers tout droit débarqués... au moins de Mars au vu de leurs équipements hightech à faire pâlir le bonnet du commandant de la Calypso... 
Re...bof...
Oui mais l'eau est d'une clarté attirante, les fonds et les poissons sont des appels à la baignades.
Re réunion de l'équipage, re votes (on a un boulooo !).
Nous poserons donc Ti'Amaraa au mouillage de la Pointe Malendure (juste en face des ilets) et nous reviendrons avec notre ti Ti'Amaraa. Lui sera à son aise sur la bouée jaune, et nous bien plus tranquille pour barboter.
14h30 nous mouillons au large des 3 à 4 bateaux de voyage présents. On va être bien ici pour deux nuits.
C'est sans compter sur la horde des bateaux de loc déboulant dès 16h. Les manoeuvres sont hasardeuses pour certains. Notre cata semble être une balise d'approche car instincts grégaires aidant, il est en quelques minutes cerné par des équipages anglo-yankees.
Il fut un temps cela nous gâchait un peu la soirée d'avoir un cata de 60 pieds posé littéralement SUR notre ancre à moins de 30 mètres de notre étrave. (tellement dessus qu'il sectionnera notre bouée de mouillage en repartant grrr).
Comme il disait dans la pub: "ça c'était avant". À présent, cela en vient presque à nous amuser. Surtout lorsque l'on suit l'évolution inversement proportionnelle de la lumière du jour et de leur taux d'alcoolémie. Il est certain qu'ils vont bien dormir. Heureusement que le fond de sable  est de bonne tenue... L'essentiel est qu'ils passent de bonnes vacances ;)).

La deuxième nuit sera nettement plus calme, nos voisins, qui n'ont pas le temps de s'attarder, sont partis faire profiter de leur musique Country et de leurs couvre-chef de Cowboys dans une autre Anse. Thanks :))

Bon, vous vous demandez: Monsieur Bonnesurprise, il intervient quand ??
Dès que l'on a mis la tête sous l'eau au sein de cette Réserve Cousteau. Ce n'est pas surfait.
Il s'agit d'un véritable aquarium grandeur nature. À portée de palmes, il est facile de passer l'après-midi en compagnie d'énormes poissons perroquets aux coloris arc en ciel flamboyants, des poulpes timides, des balistes étincelants, des poissons coffre aux expressions dignes de films d'animation, des bancs de poissons multicolores traçant leur route parmi éponges et gorgones majestueuses sans se soucier un instant de notre présence.
Un festival offert par Dame Nature.
Comme l'on comprend l'interdiction de mouiller, de pêcher ou de chasser dans la zone, ce serait tellement dommage.
Ilet Pigeon et ses alentours viennent de décrocher leur place dans le Top 5 de nos coins préférés pour jouer du tuba avec les Tobago Cays, Mayreau, Grande Anse d'Arlet et Tobago.
D'ailleurs, le virus nous a repris... Une forte envie de plonger à nouveau !!!!
Cependant, une fois de plus la météo prime. Chers compagnons sous-marins ne bougeaient pas. On revient dans quelques semaines.

Une belle journée nous attend en effet dès le lendemain avec un vent modéré d'Est: idéal pour parcourir la cinquantaine de miles qui nous séparent d'Antigua.
En 7h30, nous sommes rendus. Nous glissons le long d'un littoral bordé de plages de sable or sans fin avec l'impression de voler sur un lagon turquoise comme un avant-goût de la Polynésie, chère à nos coeurs. 
Quelques hôtels de luxe ont investi des points de vue avec beaucoup d'harmonie et de discrétion.

Nous naviguons sous voiles plusieurs heures par un souffle d'air doux dans 4 mètres d'eau à travers toutes les nuances d'azur.
Instant assez magique !




Initialement, nous ne pensions pas nous arrêter à Antigua (déjà visitée en février dernier) mais filer directement sur Saint Barthélémy via Barbuda.
C'était sans compter sur le faire part envoyé par notre aristo via les ''appels à tous météo '' du Cross sur le 16. La voilà de retour pour 2 jours. Notre route étant justement plein nord et n'étant pas pressé si on peut éviter 2m de creux de face, on s'en passe.
Jolly Harbour sera donc notre refuge. Ce port est un complexe lacustre où des bras d'îles artificiels ont été aménagés pour permettre la construction de villas individuelles avec dock privé. On y découvre tous types de maisons, de bateaux, de docks.



De nombreux retraités anglais, américains et canadiens y coulent une ''step three'' paisible. On est bien loin de Falmouth Harbour et de ses marinas jetset.


Ti'Amaraa patientera tranquillement à l'entrée de la marina au mouillage calme sur 1,70 m d'une eau couleur émeraude laiteuse avec vue sur une plage déserte où virevoltent de belles frégates.
Serions nous posés dans un décor de cinéma ? 
Suivant l'orientation du soleil, l'eau passe du bleu, au vert... jusqu'au blanc, couleur du sable. Les bateaux semblent posés sur le fond au petit matin.

Merci Madame et Monsieur les perturbateurs de programme pour cette escale ''forcée''

Entre 2 avis de houle, nous avons eu des conditions de navigation idéales pour rallier Barbuda puis Saint Barthélémy.
On avait beaucoup lu sur Barbuda. Peu de navigateurs poussent sur cette route en dehors des lignes classiques pour St Martin et St Barth.
Nous n'étions qu'une poignée de bateaux de voyage: 6 dont 5 pavillons tricolores (tiens, tiens, serions-nous une nation anti-sentiers battus ?)

Nous avons été émerveillés par cette île sauvage à la plage déserte. Nous naviguons à nouveau dans 4/5 mètres d'eau d'un bleu encore différent. Si certain(e)s arrêtent leurs décomptes à 50 nuances, on peut vous garantir que dans les cyans il y en a beaucoup plus !!

On nous avait parlé de LA particularité de la plage de Barbuda. Nous avions écouté sans trop vraiment y croire ou du moins en estimant, qu'un peu comme pour le rayon vert, il devait falloir une bonne conjoncture lumineuse pour voir ces fameux reflets...roses.
Oui vous avez bien lu !!
Pour vous prouver que l'on n'a ni fumé la mangrove, ni abusé de boissons alcoolisées pendant nos escales forcées, la preuve en images.
C'est SPLENDIDE !!






Nous aurions pu rester des jours dans ce paradis. C'était sans compter sur la famille à sang bleu: Mademoiselle Houle Denordouest, la petite soeur.
À priori, elle a nettement moins d'humour que sa frangine.

Ti'Amaraa !
On va te trouver un meilleur mouillage.
Pour ce faire, que dirais tu de revêtir ton Parasailor pour 60 miles de nav au portant vers St Barthélémy ?
6h30 le soleil se lève, la lune est encore là.





On glisse à plus de 6 noeuds par 4 Beauford à 180.
On fait route avec un Oyster 56 pieds... sans voile de portant. La lutte est serrée.
Notre caravane sur l'eau avec son cerf-volant orange lui colle au dent comme un caramel mou.Hihihiii !!!
Petit mais costaud !!!
Notre Parasailor après ses un an de repos fait à nouveau des merveilles.

On la kiffe notre vie !!


Wednesday, September 30, 2015

Cap à l'est

Pour une fois nous ne suivons pas la route des alizés vers l'ouest.

En effet, pour rejoindre Tobago en provenance de Trinidad,  il faut commencer par longer la côte nord d'ouest en est. Une quarantaine de miles à avaler contre vent et courant avant de pouvoir prendre une route directe sur Tobago via le "Galleons Passage".
Ce chenal est réputé pour son courant travers défavorable.  Il est donc préférable de traverser "au plus court" entre les 2 îles.



Pour le voyage de Ti'Amaraa,  c'est autant que possible la météo qui décide nos jours et horaires de départ. 
Prêts depuis une dizaine de jours,  nous avons attendu le bon compromis : vent, vague, courant.  Lorsque les gribs se sont affinés,  il est devenu évident que ce serait une nav de nuit.





Petite précision : bien que Trinidad et Tobago soient un même pays, il est nécessaire de faire des "formalités" douane et immigration avant de se rendre sur l'île voisine.
En quelques minutes, et avec de charmants sourires, nous avons obtenu les tampons indispensables à notre route. 
Des papiers en règle,  une météo stable, il n'en fallait pas plus pour que Ti'Amaraa se dégourdisse les coques après ses 3,5 mois trinis.
Quel sentiment étrange en passant la Boca !




L'excitation du large et du voyage qui reprend est légèrement voilée par la nostalgie de quitter cette île si attachante.
Les aurevoirs aux copains ont été embués dimanche.
Nos coeurs étaient gros au petit matin lors d'un dernier 360° de Bye Bye à Chacachacare.

C'est la première fois que nous quittons une escale avec cette sensation douce amère. Un petit peu de l'esprit de Ti'Amaraa est resté sur cette terre. Quant à nous, nous gardons gravé dans nos rétines tel un arc en ciel, les couleurs flamboyantes de cette nature.
Qui sait ?
Au retour de la Grande Boucle, ce pourrait être une belle option ?

But go, goooo !! Show must go on !!!

C'est donc en fin d'après-midi qu'avec notre bateau copain Jonathan,  nous avons levé l'ancre Cap à l'est.
Un magnifique coucher de soleil sur le Venezuela semble saluer notre départ. Ça y est nous sommes en route. Notre vie est là.

Les fameux miles redoutés en bord de côte nord ont été expédiés en moins de 6 heures. Courant et vents conformes aux prévisions voire même un peu en deçà ! Ça, c' est fait !
En plus de ces conditions parfaites, Madame Méga Lune a joué les assistantes lumière dès la tombée de la nuit. 
Que demander de plus ?



L'équipage reprend très vite ses marques malgré les mois de cabotage loin des cyclones. Le rythme des quarts se réinstalle naturellement.  Bon sang que nous sommes bien sur ce bateau ! Il nous offre des moments de vie, des sensations, des émotions,  des panoramas inoubliables ...
Les lumières de Tobago scintillent derrière notre génois. Le vent à 30° est établi à 15 nds. Le courant dévaforable est bien au RDV. Il nous mange 2 nds entre la vitesse surface et la réelle GPS mais on tient nos 6 noeuds de moyenne avec la combinaison Grande voile/Génois et les 2 moteurs à 2500 tours. 
Le jour se lève lentement.  Mme Méga Lune file se reposer. Merci pour les Watts !
Les premières lueurs nous offrent une côte découpée verdoyante embaumant les parfums de fleurs tropicales et bordée d'une eau limpide émeraude.

78 miles nautiques en 13 heures, 6 noeuds de moyenne avec les conditions particulières de cette route : encore une fois nous sommes bluffés par les performances de notre petit cata.

5h30 arrivée sur Charlotteville

C'est le mouillage de Pirates Bay à Charlotteville que nous avons choisi pour y établir nos quartiers d'automne durant quelques jours. 

Nouvelle escale, nouvelles histoires, nouvelles rencontres ...et retrouvailles avec nos amis MilPat qui font eux aussi route cette même nuit pour la même destination via Grenade.
Six mois que de l'eau a coulé sous les coques de nos catas, on va en avoir des choses à se raconter. :))

Petit coucou de bonne nuit à Jonathan


1er coucher de soleil sur Tobago ... Allez au dodo








Saturday, September 26, 2015

Flash back en images

Revenons plusieurs mois en arrière.
Résumer 16 jours en 4 minutes...

Un peu frustrés de ne pouvoir vous mettre en ligne la version HD pour le moment.


Sunday, June 14, 2015

Sur la route de Grenade à Trinidad

Nous avions beaucoup lu sur cette route qui allait nous mener au plus près des côtes vénézueliennes.  Courants, vagues, Go fast et autres trafiquants de poudre, rien n'est épargné dans certains articles aux voyageurs en quête d'informations...
Nous avons appris à nous méfier de "radio ponton". Nous avions aussi des échos très positifs de Trinidad & Tobago. 
Une belle fenêtre météo a fait le reste.

Nous voilà donc lancés à la tombée de la nuit pour une nav de 85 nm qui devrait nous conduire au petit jour devant les côtes de Trinidad. Nous avions prévu 15 à 16 heures de nav. Nous n'en mettrons que 14 par un bon vent de 20/25 nds variant entre 60° et 90°.
Seul un grain est venu mettre un peu d'adrenaline avec des rafales subites à plus de 40 nds en pleine nuit et un run à plus de 9 nds pour notre cata. Heureusement cela n'a pas duré. Nos 6 noeuds de moyenne avec une navigation confortable nous suffisent amplement.



Alors, nos impressions sur cette fameuse route ???

1ère constation :
Beaucoup de bateaux voisins au mouillage à Grenade ont fait la même lecture météo que nous.  On a l'impression de vivre un départ de régate. C'est amusant de voir tous les équipages se préparer entre dernieres courses de frais, débarquement des poubelles ... une vraie vie de village. 

2ème constatation :
Il n'y a pas 50 caps à prendre pour viser l'entrée de la baie de Chaguaramas.  Résultat des courses tous les bateaux se suivent. Notre trace et les échos AIS des voisins sont telle une mère cane avec ses petits.
Seule la comparaison est sympathique.  Sur l'eau, de nuit, c'est une attention permanente. Ça navigue serré !
Et pour couronner le tout pendant un de ses quarts le Cap a eu droit à un bateau sans lumière,  sans AIS ... une ombre noire dans le noir.
Génial !...
A priori, en déboulant sur lui on a reveillé ce capitaine et il a immédiatement allumé ces feux de nav. Quelle inconscience !!
Surtout que nous avons croisé aussi beaucoup de gros, de très gros cargos et supertankers, il n'aime pas la vie ce gars, c'est sûr. Ou peut être avait il trop écouter "radio ponton", craignait de  mauvaises rencontres et voulait passer discrètement ?
Bref...

3ème constatation :
Pas un go fast,  pas un bateau louche, pas de pirates à l'horizon.
A l'inverse, un accueil chaleureux des pêcheurs au petit jour à l'arrivée sur les côtes.
Comme pour St Vincent ou la Dominique,  nous ne pouvons confirmer les mauvaises rumeurs.  Pour nous : RAS




Ah pardon, on oubliait ... nous avons tout de même été pris en escorte par une bande de locaux forts amicaux : un banc de plus de 50 dauphins. En 14 mois de nav, nous n'en avions jamais vu autant.   Des gros, des bébés tous ont joué pendant de longue minutes avec Ti'Amaraa alors que le soleil se levait sur la côte découpée de notre nouvelle escale. On ne s' en lassera jamais ! Merci les loulous !



4ème constatation :
L'entrée dans la passe nommée Boca del Mono à 6 heures du matin est magique. Les oiseaux nichés dans la forêt alentour sifflent à tue tête. Les pélicans piquent devant les étraves pour pêcher leurs petits déjeuners iodés.




Des effluves de fleurs et de végétation tropicales embaument nos narines.
La fatigue de la nuit de quarts s' envole.
Des années que l'on entend parler ou que l'on lit des articles sur "la Mecque des bateaux de voyage", et nous y sommes. Cette entrée restera un moment fort pour nous 2.




Bien sûr le mouillage dans la baie de Chaguaramas est moins glamour. Nous sommes dans une zone technique et c'est le jeu. Ceci dit on a connu bien pire.


Petit conseil : arrivez de bonne heure pour récupérer une bouée (5$ us/nuit). La zone pour mouiller est très réduite, assez profonde et le vent même faible est tourbillonnant. 
Nous sommes donc en place sur bouée pour préparer le bateau en vue du grutage dans quelques jours.  Nous avons eu un RDV avec Don, le responsable de PowerBoats.  Tout semble hyper pro. Il est de plus passionné de catamaran. Il en a construit 3. Il nous a réservé un accueil personnalisé avec entretien dans son bureau pour tout caler. Quel service ! Ti'Amaraa sera le 1er Lagoon 39 gruté dans ce chantier mythique de la Caraïbe !!
Serions nous le premier 39 à tremper nos coques par ici ?

Pour finir dernière information pour les navigateurs qui comptent venir à Trinidad. 
Respectez bien la procédure un peu fastidieuse et longue qu'impose l'immigration et les douanes.
Venez faire les clearances dès votre arrivée et ce avant 16h pour ne pas avoir à payer de frais supplémentaires. 
Prévoyez de quoi vous occuper.  Nous avons passé 2h30 dans les bureaux. Vous vous rappelez des canetons de notre histoire... et bien nous nous sommes tous forcément retrouvés en même temps au même endroit pour la même et seule officier d'immigration.
C'est sympa : il y a des chaises, CNN qui tourne en boucle sur la télé, une clim qui vous congèle sur place. Que du bonheur ;-)
Aussi reperez bien votre "place" dans le tas d'homonavigatus dont la patience diminue proportionnellement aux heures qui s' égrenent... car lorsque l'officiel dit "next" ... c'est un peu la panique... voire le pugilat. 
L'opération se renouvelle aux douanes mais ça passera beaucoup plus vite.
C'est long,  pointilleux,  rébarbatif, pas forcément souriant mais ça ne nous a coûté que 9$ us pour 3 mois de visa.
Si on ne respecte pas les délais,  l'ordre et les heures la facture est plus lourde. Certains bateaux en ont fait les frais.

Allez, on file... on parle, on parle...c'est pas tout ça mais la vie de chantier commence !!
Bye

Tuesday, May 19, 2015

En direct live

Une fois n'est pas coutume c'est en direct de la nav Sainte Lucie /Bequia que nous redigeons et publions ce petit post.
Les paramètres pour commencer :
8h00 du mat
Chenal entre Ste Lucie & St Vincent
T°air : 30°
T°eau : 29°
Vent : 15/20 nds
Vitesse loch : 7 nds
Vitesse GPS : 5 nds
Jeu de voile : Grande voile et Code zéro

Ah ce code zéro,  une merveille!  Sans lui avec les 2 nds de courant contraire nous nous trainerions voire il faudrait jouer du moteur pour essayer de maintenir une vitesse correcte.

Depuis 2 jours, nous avons retrouvé les conditions de nav que nous aimons tant. Les chenaux inter-iles ne sont pas synonymes de machines à laver en mode essorage.  Nous ne sommes plus obligés de veiller aux grains... L'expression populaire ne vient peut etre pas de la marine mais on peut vous assurer qu'en mer quand le nuage déboule accompagné de ses rafales on comprend bien le sens de "veiller au grain".

Aujourd'hui rien de tout cela. La nav est idéale.  Nous naviguons de concert avec Marie Galante,  bateau copain depuis Ténérife.
A bord chacun profite du moment.  La mise en place et le réglage des voiles devient un autonomatisme. Les manoeuvres s' enchainent, presque plus besoin de se parler.
Ti'Amaraa ronronne et glisse sur une mer docile.
Nestor pilote réglé en mode vent. C'est l'alizé qui nous pousse et fait notre route tout en douceur.
Nous traçons vers la porte de notre petit paradis : Bequia et les Grenadines...

Juste bien ♡


Pour la suite du live et des photos rdv sur la page Facebook : le voyage de Ti'Amaraa

Wednesday, May 13, 2015

Chères Étoiles

Et si un jour nos outils de navigation électroniques ne fonctionnaient plus ? Et si la couverture mondiale GPS arrêtait subitement de nous positionner ?
Que ferions nous, nous voyageurs des mers contemporains ?
Comment faisaient ils avant ?


Autant de questions que nous nous sommes posées avant le départ ou lors d'errances nostalgiques au large à imaginer Christophe Colomb et ses équipages se frayer un chemin dans un océan inconnu.

Un ami nous avait confié son "précieux" à bord avec la mission de le faire voyager à nouveau.

voir l'article : un objet prêté
http://www.tiamaraa.blogspot.com/2014/03/un-objet-prete.html?m=1

Et ce bel objet y aurait-il moyen de lui redonner du service ?

Armé des réseaux internet rapides de notre vie terrestre,  le Cap avait, avant le départ, cherché,  téléchargé, essayé,  supprimé, re-téléchargé des dizaines d'informations et autres logiciels pour essayer de comprendre le B.A Ba de l'engin. Nous étions encore loin d'un positionnement. Cependant, le logiciel Navastro semblait simple et prometteur.  Décision est prise, il sera du voyage bien au chaud dans un disque dur du bord. Nous verrons plus tard.
Il aura attendu un an avant que l'on croise la bonne étoile qui allait faire sortir de l'ombre ses équations. 

Cette bonne étoile a démarré son job en guidant nos coques vers la baie où Banik se reposait après sa longue route autour du monde. (www.banik.org)

Une soirée,  une discussion, la mise en commun de l'expérience de positionnement astro de Jean-Baptiste et des recherches logicielles embarquée sur Ti'Amaraa. Il n'en faut pas plus pour faire deux capitaines heureux.

C'est la révélation : ce logiciel permet la simplification d'heures de calcul noyés sous les éphémérides tout en donnant un positionnement précis et rapide. Jean - Baptiste est ravi, finis les almanachs, les fiches de calcul et les migraines...

De son coté, le Cap apprend sous les conseils du maître à domestiquer le bel objet. Le sextant et sa collimation sont réglés.  Les premières droites de hauteur se dessinent, les positions tombent. Ça marche !!!

Lequel des 2 capitaines est le plus comblé ? L'histoire ne le dit pas.

Un beau moment d'échange et de partage qui, comme chez les gaulois authentiques, c'est terminé autour d'une joyeuse tablée jusqu'à tard.

Merci Jean-Baptiste & Anik pour le temps que vous nous avez offert. Électronique ou pas, logiciels ou pas, les belles rencontres sont intemporelles surtout lorsqu'elles sont sous le signe de la générosité.

Merci aussi à Olivier Ravet et Jean-Pierre Cazaux pour Navastro, du beau boulot. Merci pour cette mise à disposition gratuite de votre développement sur la toile.

Merci chère "Bonne Étoile" pour tous les efforts déployés pour faire notre bonheur quotidien et à présent notre route. Keep in touch...

Saturday, November 15, 2014

Et la lumière fut

Lors du dernier article MOB,  nous avions fait part de notre regret quant à l'absence de lumière flash associée à nos Lifetag.
Nous avions décidé de faire reprendre du service à notre vieille lampe à éclats. Et puisque nous n'en avons qu'une de le jouer "passage de témoin" dans la course de relais qu'allaient être nos quarts.
Il fallait se rendre à l'évidence après le xème quart de la xème  nuit le flash avait toute les chances de ne plus faire partie du jeu.
Nous sommes donc partis farfouiller dans le monde merveilleux des shipshandlers. Ces espaces magiques d'où l'on ressort toujours avec un truc "génial" pour le bateau. ..alors qu'on était juste entrer pour jetter un coup d'oeil. Dans notre cas ceux sont plutôt les euros que l'on jette chez eux...mais on est un peu maso, on aime ça !
Nous voilà donc partis à la recherche d'une petite soeur à notre lampe. A défaut de spot orange,  nous avons trouvé le Graal!



Hyper compact et à déclenchement automatique à l'immersion,  nous avons trouvé la lumière de nos rêves.  Et à 13€ pièce, nous sommes repartis avec 2 ... plus quelques bouts et autres bricoles (quand on vous parlait de l'effet shipshandlers...).




Plaisanteries mise à part ces Lifejacket Light : Safelite II produit par Lauzas sont exactement ce qu'il nous fallait.


Seul hic, il va faloir maintenant trouver un nouveau jeu au passage des quarts...

Monday, October 27, 2014

Canaries, côté mer

Les Canaries, c’était jusqu’à présent pour nous le « détail » sur la route transatlantique. Un point de passage obligé et certainement agréable à mi-chemin avec les Caraïbes, limite on vit déjà en mode caribéenne mais pas une fin en soi.


Et bien, nous nous étions trompés. Ce n’est pas cela ! Il s’agit d’un vrai « continent » à part à entière riche en panoramas spectaculaires et en culture insulaire hispanique attachante. Mais aussi une étape de navigation nouvelle. Déjà pour les atteindre !! On rentre dans la cour des grands et on se sent petit au début face à cet Océan et cette Houle. Rassurez vous ce n’est pas catastrophique et on s’y fait très bien. C’est juste assez nouveau. Pour avoir échangé avec pas mal d’équipages ici, nous avons pu remarquer que nous étions tous arrivés à la même conclusion :
Les Canaries, ça se gagne !

Arrivée sur La Graciosa

Vent vrai : 32 noeuds ;-)

On comprend mieux à présent pourquoi des bateaux ou des équipages mal préparés arrivent ici et arrêtent là leur programme de navigation. Il faut vraiment embarquer à bord des personnes sensibilisées et qui ont envie de cette aventure car il peut y avoir des journées un peu rockn’roll.
Le trip : Tiens, cet été j’approche le bateau aux Canaries pour qu’il soit près pour la transat en novembre. J’embarque les couples d’amis non préparés qui s’imaginent en mode la croisière s’amuse  avec des plages cocotiers à l’arrivée…
On déconseille fortement !! Ne vendez pas ça à vos équipiers !!

« Situées autour du 28° Nord, baignées par le courant éponyme et soumises aux alizés de Nord Est, les îles des Canaries jouissent d’une température moyenne annuelle de 25°C dont les variations excèdent rarement les 5°. Cet archipel est surnommé les îles de l’éternel printemps ». C’est sûr vu de ce côté-là, ça ne peut être que le top, ici.

« Les paysages côtiers à l’approche par la mer alternent entre plages de sable blond, de sable noir, de galets et aussi des affleurement de roches volcaniques et des abrupts qui découpent l’horizon »
Impeccable, on va se faire de beaux mouillages sauvages.

Loin des clichés des Tour Operators, qui d’ailleurs opèrent principalement dans les villes/hôtels parsemées sur chaque île qui ressemblent plus à un décor Disney qu’aux villages canariens, nous avons découvert un bassin de navigation beaucoup plus subtil et capricieux que nous l’attendions. En effet, du fait des reliefs intérieurs culminant souvent assez (voire très) hauts ainsi que du caractère sombre des roches, des phénomènes d’accélération du vent sont réputés sur tout l’archipel. On ne parle pas des traditionnels effets dans les chenaux inter-îles mais vraiment de phénomènes caractéristiques à certaines zones. On a testé pour vous à plusieurs reprises : la prise d’un ris avant d’arriver dans ces zones s’avère fort efficace !


Prenez l’exemple de Lanzarote : navigation tranquille vers le Sud sur la côte Est. Un petit vent doux, régulier et au portant 15/20 Nœuds, bien quoi ? C’est sans compter sur l’effet de début d’après-midi d’Arrecife et son caractéristique vent de terre plus ou moins fort pendant quelques heures. On s’est donc retrouvés avec des rafales assez subites d’une bonne trentaine de nœuds. De même dans le canal entre Lanzarote et Fuerteventura, Ti’Amaraa a surfé avec des rafales à plus de 40 nœuds. On se serait presque crus de retour dans le golfe du Lion.
Autre exemple, pour remonter du sud de Gran Canaria vers Santa Cruz de Tenerife, un capitaine de ferry à donner le tuyau à des amis qui devaient faire ce tronçon pour éviter les zones les plus critiques : longer la côte ouest de Gran Canaria jusqu’à Puerto San Nicola, puis traverser vers Tenerife direct sur le pointe d’El Socorro pour ensuite remonter sur Santa Cruz en longeant les côtes.
Dans tous les cas, il faut bien sûr prendre sa météo et en particulier sur des sites locaux tels que sail.meteosim.com qui prennent en compte les spécificités de leurs îles, leurs effets de côtes avec de fortes accélérations et s’avèrent assez redoutables de précision.

Les zones noires et grises étant à plus de 40 noeuds

Et les mouillages ?
Le projet de passer ici vos nuits dans de jolies baies doit rester assez limité. La nature des fonds varie mais on tourne surtout sur des pierres, des blocs volcaniques. Il y a bien sûr quelques fonds de sable mais ils restent assez rares. De plus, ils sont souvent assez rouleurs du fait de la houle océanique qui règne dans le bassin de navigation.
Le mouillage de la Playa Francesa à La Graciosa restera pour nous le meilleur et le plus beau mouillage des Canaries, et ce, même si on a pris plus de 40 nœuds pendant 3 jours consécutifs.

THE Mouillage !!!
Nous avons aussi passé une belle escale à Arrecife sur corps mort derrière la jetée du petit port de pêche. Voici le point GPS : 28.57.2077 N / 13.32.9875 O. Cette zone est identifiée comme mouillage sur les cartes. Nous avons essayé d’y planter notre Delta 32 kg à plusieurs reprises. Rien à faire. Les blocs ronds volcaniques roulent au fond et ça ne tient pas du tout ! C’est grâce à Mat un franco-polonais sur corps mort depuis 2 ans que nous avons eu l’info qu’ils étaient disponibles et gratuits. Il est vrai que la malheureuse frite de pataugeoire jaunâtre qui flottait ne nous tentait pas trop à l’accroche. Il nous a assuré que c’était un super corps-mort. Il avait raison. La confiance n’excluant pas le contrôle. Le Cap’ a plongé pour vérifier la taille des blocs. Effectivement, Madame frite était reliée à 2 énormes blocs de béton. On a dormi sur nos 2 oreilles. Et beaucoup plus au calme qu’à la marina d’Arrecife éternellement en travaux depuis de nombreuses années….et fort chère.

Arrecife sur corps mort

On était le seul bateau de voyage


Parlons des ports ?
Chaque île en propose plusieurs. Il y a deux catégories. Ceux qui sont en gestion publique (municipale) comme à Las Palmas où nous avons payé 13€/nuit (eau, élec, wifi compris). Et ceux qui sont en gestion privé où les prix, la qualité des services et la possibilité de rentrer en cata varient beaucoup. Nous avons testé la marina Rubicon à Lanzarote et Santa Cruz à Tenerife. Elles sont toutes les 2 aux alentours de 30€/nuit pour le Lagoon 39 avec eau et elec. Le Wifi est une bête curieuse qui  joue souvent la fille de l’air dans ces marinas. Soit les places sont trop loin du hotspot (d’où l’achat des antennes) soit dans certaines marinas comme à San Miguel (Tenerife) il faut aller au café du coin…

Ti'Amaraa arrivant à la marina Santa Cruz de Ténérife

Marina Rubicon Lanzarote

Muelle Deportivo Las Palmas Gran Canaria

D’une manière générale, en catamaran, il faut bien se renseigner voire réserver avant sa place car certaines petites marinas ne disposent que peu de places pour multicoques (comme Puerto Mogan à Gran Canaria). Préparez vous aussi dans ces petits ports à l’escal...ade.
Oui, oui, vous avez bien lu. Les places cata sont souvent contre les quais bétons et avec les amplitudes de marées ça donne ça pour aller à terre … expérience vécue par nos amis avec leur Lagoon 450 à Puerto Mogan (merci pour les photos)

Marée haute : jusque là tout va bien


Marée basse ... No comment :-)

Nous n’avons bien entendu pas fait escale dans toutes les îles, ni tous les mouillages, ni tous les ports. Il ne s’agit que de notre vision partielle de l’escale aux Canaries. Nous avons beaucoup aimé cette escale même si Ti’Amaraa a dû y attendre sagement au port le retour des alizés, et la disponibilité de l’équipage. Venez aux Canaries et si vous pouvez prévoyez d’y rester un peu. Il y a tellement d’îles et de beauté à découvrir. C’est fort dommage de ne les voir que comme une escale technique éphémère avant de traverser. Mea Culpa !


A suivre, un article Canaries côté terre (comme d’hab) avec là aussi nos impressions sur les sites que nous avons vu . Et pour ménager le suspens nous ne dirons qu’un mot :  Waouuuuu