Monday, January 12, 2015

Ça balance pas mal par ici

8 mois de navigation,
Le golfe de Gascogne au printemps,
Un océan traversé en douceur,
Nous voilà confrontés aux conditions de nav les pires rencontrées et c'est dans La Caraïbe !

Si l'on tient celui qui explique dans ces livres qu'à ces latitudes,  il a fait un tour du monde sans jamais rencontré plus de 40 noeuds de vent, on lui fait bouffer sa monture. Non pas son bateau au nom de dessert sucré ! Juste qu'aux dernières nouvelles ils faisait de la pub pour des lunettes en chemise à fleurs. Bref...

Les chenaux inter-iles sont réputés pour être souvent agités et ventés. Nous avions bien checker notre météo.
Entre Bequia et St Vincent ce fut un réel bonheur.  Du bon vent, un bon angle, une mer pas trop formée.  Nous avons même pu envoyer le code zéro à mi-chenal.
Bilan : 18 nm en 2h30. Un régal !

Entre St Vincent et Ste Lucie ce ne fut pas du tout la même histoire.  Certes les prévisions annoncées un peu de pluie. Cependant, le vent établi à 35 noeuds avec des rafales permanentes à 45 noeuds. Ça ce n'était pas du tout prévu. Pluie, vent, rafales, vagues. Rien ne nous a été épargné pour cette journée.
Par principe, nous nous engageons toujours dans ces nav avec un ris dans la Grande Voile. Par sécurité,  nous avons vite pris le second et réduit notre Genois bien que petit de nature en string brésilien taille xxxs. Bien nous en a pris car, à quelques miles de l'arrivée,  déjà abondamment rincés à l'eau douce, nous en avons eu un encore plus costaud que les autres.  Le même qui vous déboussole en montagne en vous barrant le chemin de pluie battante et de brume.  Idem en mer.  La côte n'était même plus visible alors que nous approchions de la baie. Et comme si cela ne suffisait pas, Ti'Amaraa a dû absorber subitement une rafale à 52 noeuds ! Une première et au près en plus !
Etait ce un grain blanc ? Ces poches d'air à plus de 40 qui s' abattent aux Antilles ??
Notre valeureux cata n'a pas bronché,  euuuh...nous non plus !
Du haut de son petit mât haubanné, il a géré comme un champion !
Seul Léon n'a pas supporté les vagues et s'est jeté sur les banquettes du carré. Une première aussi ! De la terre partout. Top ! On nettoyera à l'escale. En attendant, nous lui avons trouvé son "siège-bateau" où il sera installé à présent en préventif pour les nav inter-iles.

Une fois de plus ce petit 39 petons nous a bluffé par sa stabilité,  son comportement marin, la glisse de sa carène dans les vagues... Nous avons vraiment la certitude d'être en grande sécurité à son bord et c'est énorme pour nous. A aucun moment,  nous nous sommes sentis en danger. Ce fut juste 40 miles un peu plus punchy que les précédents.
Et puis, quel bonheur d'arriver au pied des 2 pitons de Ste Lucie.  Merci pour l'éclaircie offerte nous permettant de savourer notre entrée dans cette baie majestueuse.

Nous sommes sur bouée dans le sud de l'anse au pied du petit piton. Le lieu s' appelle Malgretout.
On confirme "Malgré Tout" cela vaut le déplacement.

Saturday, January 10, 2015

St Vincent, l'interdite

Malgré des années d'interdiction d'escales pour les bateaux de location, de mauvaise réputation pour les téméraires de passage, et aussi grâce aux retours d'expérience de bateaux copains passés avant,  nous avons décidé de ne pas tracer le fameux bord direct Bequia/Sainte Lucie et de nous y arrêter quelques jours.

La nav de 17 miles reliant Admiralty Bay à Wallilabou Bay a été avalée en 2h30 avec un bon vent à 60° entre 15 et 35 noeuds (dans le chenal) sous un soleil éclatant.  Le top ! Ti'Amaraa a même fini sous code zéro quand les rafales inter-iles ont cessé.  Pour l'équipage ce fut un réel plaisir de retrouver les sensations de mer (toujours sans Voldemort! ) avec un tel panorama en bonus.

Nous avons choisi de faire escale à Wallilabou Bay pour 2 raisons : parceque l'on peut y faire les formalités de sortie de St Vincent les Grenadines. Ça c'est pour le côté pratique...
Pour le côté fun, cette anse a été le lieu de tournage de certaines scènes de Pirates des Caraïbes en 2005. On voulait voir.
En entrant dans la baie,  le rocher des pendus nous accueille.  Du mouillage,  on distingue bien les baraquements et autres canons. Un petit sentiment d'avoir voyagé dans le temps nous saisit.
A terre le charme est assez vite rompu lorsque l'on réalise la conception version carton - pâte. ..mais ce n'est pas bien important.
Le charme de la baie et de sa végétation luxuriante se charge de faire le spectacle.
Le cinéma est aussi sous l'eau : rascasses, muraines, poisson torpille, éponges... à profusion sous les coques du bateau à quelques mètres du défilé des minibus de touristes déguisés en flibustiers.

Nous avons vraiment apprécié cette escale.  Nous reviendrons à St Vincent pour explorer plus l'intérieur de l'île.

Wednesday, January 7, 2015

Un peu de lecture ?

Un petit article paru dans Lagoon(s) magazine, ça vous dit ?
Il suffit de télécharger au format pdf de N°11 et vous retrouverez un équipage et un bateau connu.
Par ici ...
http://www.cata-lagoon.com/lagoon_club_magazine_fr.php


Saturday, January 3, 2015

Au Tang en emporte le vent

A l'heure où les actualités françaises et internationales nous inondent de mauvaises nouvelles dans un climat glacial et austère enrobé d'un brouillard givrant, glissant et pesant, nous avons, au détour d'un rayon de superette aux Grenadines,  retrouvé notre madeleine de Proust :

Celle que l'on sirotait au fond des garages lors des boums d'anniversaire en écoutant Partenaire Particulier à fond (pas trop quand même car les parents étaient à côté et ouvraient régulièrement la porte de communication)  sur les deux fois 15 watts de la chaîne Hifi Philips, cadeau de communion.
Les basses étaient absentes, mais le TANG lui était là. Trônant sur la table en tréteaux entre les gâteaux au yaourt, les pains d'epice Prosper (youplaboum!), un savane de Papy Brossard et les Raiders (2 doigts coupe-faim)!!!

Il faut avoir vécu les 80's pour comprendre le plaisir de verser la poudre magique dans l'eau afin d'obtenir ce breuvage délicieusement chimique mais irremplaçable !!!
Ceux qui sourient déjà en se remémorant la teinte orangée des bouteilles, doivent aussi se souvenir du goût subtil et pétillant de la poudre léchée au fond du paquet.
On l'a tous fait !!!
Ah! Cette époque foooolle où nous faisions vélo,  ski et skate sans casque !!!

Vous comprendrez notre surprise d'en trouver en vente LIBRE dans notre petit paradis alors qu'en France c'est INTERDIT....bouuuuu....
voire même CANCERIGENE...aaaaarrrrr.
Alors que les clopes elles sont toujours en distribution libre.

SVP revendez du Tang, même avec sur le paquet la photo de nos langues jaunies et irritées ou l'inscription cerclée de noir "Boire du Tang tue".

Ceci dit en bateau,  avoir l'équivalent de 70 litres de jus d'orange dans un Tupperware....c'est pas idiot.

Pour ceux qui seraient intéressés,  on ne dealera pas notre stock, notre précieux.
Mais on connaît la source, cachée telle le trésor de Barbe Noire au fond d'une anse d'une petite île sauvage de la Caraïbe....
....Tan Tan Tantannnngggg

Wednesday, December 31, 2014

31 Décembre 2014

Ainsi s' achève bercés par le bruit du ressac sur la plage de Lower Bay notre année 2014.

Année de tous les possibles.
Année du grand saut

Il y a eu des rencontres, des aurevoirs, des retrouvailles.
Il y a eu des sourires, des larmes.

Nous avons surtout le sentiment de recevoir beaucoup de votre énergie,  votre amour et votre amitié par vos messages et votre suivi bluffant.

Même si ça se fait pas, on va commencer par se souhaiter autant de belles phases de vie pour 2015.

Et pour vous tous, des milliers de petites étoiles dans vos yeux,  dans vos coeurs et dans vos têtes pour cette nouvelle année. 

Allez, on vous emmène pour la suite ?

Tuesday, December 30, 2014

Fond d'écran

Et si on vous envoyait une photo type "fond d'écran" par mois ?
La photo pour Janvier 2015 sera : Admiralty Bay (Bequia) en couleurs.
A vos portables et autres bigophones intelligents.
Allez dans un mois un nouveau fond d'écran pour faire râler vos collègues de bureau.

Sunday, December 28, 2014

Une fin d'année à " Békué "

Quelle meilleure baie pour atterrir après une transatlantique ?
Probablement plein d'autres car les Antilles sont riches en jolis coins.
Cependant, pour nous Admiralty Bay aura été le point d'arrivée idéal, notre sas de décompression.

Ti'Amaraa est mouillé au plus sud de la baie au calme loin des bouées des charters et autres "promène touristes". Merci la Delta 32kg qui fait un boulot remarquable sur ce fond un peu chaotique.

Point GPS :
19°59.942N   61°14.773W

Le panorama de notre "terrasse" est une jolie plage quasi déserte surplombée par un versant verdoyant parsemé de maisons colorées.
Notre "piscine" est un aquarium turquoise dans lequel on se régénère tous les jours.  (Air 30° Eau 30°).
Nous avons bien eu quelques journées rouleuses mais Ti'Amaraa a absorbé ça avec brio. Le cata c'est vraiment confortable.

Cette position excentrée nous permet de partager "notre plage" avec de beaux yachts cherchant eux aussi le calme et la discrétion de lower bay.
Un magnifique 2 mâts de plus de 200 pieds passera la veillée de Noël près de nous. On ne pouvait imaginer plus beau sapin.

Le village est suffisamment grand pour trouver les quelques produits frais manquants, un bureau d'immigration pour les formalités, des restaurants et cafés, une boutique Digicel pour acheter le Graal : une carte 3G locale.

Et, suffisamment petit aussi pour avoir l'impression, à la chaleur et la végétation près,  d'être dans un petit hameau de nos montagnes. Chèvres et chiens se baladent dans les rues. La circulation automobile est assez restreinte. Les enfants courent et jouent sur les plages, dans la ville en toute quiétude. Tout le monde se connait et bavarde à la supérette.
En débarquant à terre, on comprend vite que les étrangers et autres bateaux de location de passage ne les perturbent pas dans leur quotidien.
Ainsi va la vie à Bequia à l'ombre des cocotiers et bercés par des notes de Reggae.
Ah la musique!
La communauté Rasta est très présente ici. Bob est leur Dieu et la Jamaïque,  leur terre promise.

Une fin d'après-midi de retour d'une balade à pieds à terre, nous sommes attirés par un bon son Reggae mixé un brin électro. On s' approche de la fiesta. Platines et table de mixage côtoient barbeuc, buvette et plage. Est ce une party privée?  On se desaltererait bien là.
On s' approche, on nous sert, on s' intègre...
Nous sommes les seuls étrangers à la ronde. Beaucoup sont intrigués de voir que des "blancs" puissent apprécier leur zik. C'est du très bon !!

Toutes les générations sont là et toutes dansent entre plage et rue. La circulation est d'ailleurs bloquée mais cela ne semble pas gêner les "automobilistes" qui attendent, en se dandinant sur leur siège,  une transition entre 2 morceaux pour passer.
On se régale de les voir faire. Des enfants nous prennent par la main et nous entraînent dans leurs danses. Quel rythme. Quel déhanché !!! Ils sont juste énormes !!!
"C'est comme ça qu'on danse à Bequia" nous dira un petit bout haut comme 3 noix de coco.
(Sous - entendu nos pas de danse n'étaient pas les bons.)

Nous y degusterons aussi les meilleurs Ribs servis dans un papier Alu pour 3€. La Hairoun, bière de Saint Vincent coule à flot. Pour l'anecdote,  ils ne les vendent que par 3 : 10$EC les 3 soit moins de 3€. Allez, va pour 3 alors.
Nous y passerons une belle fin d'après-midi totalement improvisée bercés par la musique, l'ambiance, la gentillesse des locaux, un accueil formidable,  les odeurs de grillades...et la fumée des cigarettes aromatisées aux herbes locales de nos amis d'un soir.

Ce n'était pas Noël.
Ce n'était pas le Nouvel An.
Simplement un soir de Décembre à Bequia et ça fait du bien.

En voyage, si vous sentez que vous ne dérangez pas, osez et vous aurez de belles surprises.