Wednesday, October 19, 2016

Part 2 : De Cabo de la Vela aux 5 baies



Lever de soleil: top départ pour 120 nm


Une chose est certaine nous n'oublierons jamais ces 24 heures ou plutôt cette nuit. 

Tout a commencé par une belle journée ensoleillée de grand bonheur à la voile entre portant sous Parasailor et travers sous GV et Code Zéro accompagnés par des dauphins gracieux et des dizaines de papillons légers virevoltant autour de Ti'Amaraa. Nous filons à 8 nds sur une mer peu formée poussés par un souffle jamais rafaleux établi à 15 nds.
Le kiff total. 




C'est à la tombée de la nuit vers 20h que le climat de béatitude ambiant laisse place à l'adrénaline.  Face à nous, on se croirait aux marches de Cannes sous les feux des paparazzi. L' horizon est illuminé de flashs ininterrompus. Les orages sont loin mais on se dirige droit sur eux ou ceux sont plutôt eux sur nous...Seront ils désagrégés d'ici là ?
Pas de place pour l'improvisation, on prépare notre catamaran en conséquence. L' alizé ne doit d'ailleurs pas aimé les orages car il nous fait subitement faux bond. Ceux sont dans de tels moments que nous sommes contents d'avoir nos deux moteurs et nos 400 litres de gasoil.  En les utilisant alternativement notre autonomie est grande.
Ti'Amaraa est prêt,  nous aussi.  À quelle sauce va t'on être croqués ?
Nous observons la lune et les étoiles disparaître derrière un ciel de plus en plus obscur ne faisant plus qu'un avec la mer. Nous avançons vers un mur noir zébré d'éclairs. 
Au même moment,  deux hirondelles viennent se réfugier sur notre roof,  un poisson volant se suicide sur notre pont et nos copains les dauphins reviennent nous escorter.  Leurs corps fuselés soulignés par les rais de planctons luminescents glissent dans cette mer d'encre. 
Ti'Amaraa ou l'arche de Noé avant le déluge.  Heureusement les éléphants et les girafes ne savent pas nager.
Nous passerons la nuit cernés par les grains et les orages.  Les éclairs courent d'un nuage à l'autre au dessus de nos têtes avant de finir leur chemin dans la mer.
L 'air est un grondement incessant de salves de tonnerre.
On reprend nos cours élémentaires de physique. 
''Lorsque la foudre va du nuage vers le sol, elle emprunte le chemin le plus court et frappe donc généralement le point le plus élevé de ce dernier''
- Euuh...le point le plus haut sur l'eau à des miles à la ronde ce ne serait pas notre mât ?
Gloupsss... 
''la vitesse du son est de 346,3 mètres par seconde dans de l'air à 25 degrés. ''
- 1, 2, 3, 4... Oupsss moins de 5 secondes ce coup-ci. 
Ça se rapproche !
Allez hauts les coeurs,  ça va le faire. 
L'électricité dans l'air ne pénètre cependant pas notre bulle. Nous sommes attentifs, concentrés mais nous ne ressentons pas de quelconque panique. De toutes manières,  à quoi bon? On y est, il faut tenir le cap.
Les moments de repos dans la cabine n'en sont pas vraiment ni pour l'un ni pour l'autre. Les quarts de veille se font les rétines incrustées des flashs de foudre alentours. Les éléments bien que déchaînés n'en sont pas moins magnifiques.
Tout se passera bien, aucune décharge ne viendra se frotter à notre paratonnerre Selden.
Pour vous imaginer juste l'ambiance (bien que vous l'ayez vu en vidéo) ,  il fait nuit noire. Le vent souffle dans tous les sens. La girouette danse la gigue mais l'anémomètre reste dans des valeurs gérables. Notre catamaran tente de se faufiler sur une mer désordonnée et hachée. Nous sommes chahutés pendant des heures dans tous les sens arrosés de trombes d'eau à intervalles réguliers. Nous ne voyons plus où nous allons. Autour de Ti'Amaraa, l'horizon se résume à un rideau d'eau blanc sur fond d'ébène. Vive les instruments !!
Merci aussi notre option toiles de tour de cockpit.  Il est vrai que depuis que l'on est en mer Caraïbe on les utilise beaucoup moins mais dans de telles circonstances, cela rajoute de la quiétude lorsque l'équipage n'est pas trempé jusqu'aux os. 
Le répit n'arrivera que vers 3 heures du matin, soit près de 6 heures d'une intensité de pluie et de foudre jamais rencontrée jusqu'à présent . C'est long !! Vraiment rien à voir avec nos orages d'été métropolitains. Nous savourerons le retour de conditions normales en nous partageant les 3 heures de navigation restantes en un sommeil profond.
L' odeur du pain frais au four au réveil et le panorama époustouflant des 5 baies et de la Sierra Nevada auront raison de notre fatigue et de nos émotions. 




Nos narines sont immédiatement titillées par les odeurs de verdure tropicale humide, les parfums des fleurs cachées sur ces vallons et le fumé du café des baraquements de pêcheurs. Bienvenus en Colombie. 
Nous avons la sensation d'évoluer sur un lac de montagne tant le plan d'eau est apaisé. 
Après avoir testé les deux premières ensenadas Cinto et 
Neguange (trop rouleur), nous jetons notre dévolu (non, ce n'est pas une nouvelle ancre ;-)) sur l'ensenada Gayraca.






 Le mouillage y est nettement plus serein, le havre de tranquillité recherché pour nous reposer toute la journée avant de reprendre la route le lendemain. 


Comme au Cabo de la Vela, les barques de pêcheurs font les curieux autour du seul bateau à l'ancre que nous sommes. 
Sourires et pouces levés en guise de comité d'accueil,  que demander de plus ?

Le soir, Ti'Amaraa est la seule lueur sur l'eau. À terre, on distingue une petite loupiote dans la cabane des pêcheurs sur la plage et une autre dans la jolie hutte au toit de pandanus que nous avons remarquée en entrant dans la baie le matin.
Des Colombiens urbains ou des touristes viennent passer la nuit lovés dans des hamacs bercés par le calme dans ces petits écrins en pleine nature. 



Dans les plus cachées et les plus luxueuses de ces écohabs du parc national Tayrona, des célébrités s'y réfugierait régulièrement. On aura beau se balader dans toutes les ensenadas, point de Shakira. 

Et si c'était elle, cette blonde qui n'a pas voulu se faire photographier? 


À chaque changement de baie,  notre catamaran est accompagné par des bancs de gros dauphins,  probablement mandatés par les Cost Guards ou les Douanes. Nous n'avons en effet toujours pas fait nos formalités d'entrée (prévues à Puerto Velero).  Nous sommes  donc des migrants illégaux mais ça ne semble perturber personne. 

C'est avec regret que nous levons  l'ancre de ce parc réputé pour être la plus belle région de la côte atlantique colombienne.
Nous avons prévu de visiter la dernière baie avant de tracer vers la ville: Santa Marta. 
Grave erreur !!!
L'ensenada Bonito Gordo et les huttes vestiges de l'ancien village indien nous attendent. Il se dégage de cette petite anse bordée d'une plage de sable blanc une atmosphère qui nous séduit tous les deux dans la seconde où l'on présente nos étraves.



Un peu comme lorsque nous sommes arrivés de transat,  nous ne sommes pas pressés de retrouver l'agitation des grandes villes portuaires.
Ces baies sont tellement uniques qu'elles méritent bien une nuit de plus, non ?
Encore une petite baignade dans cette eau vert clair qui n'est PAS du tout froide !! (encore une fausse vérité véhiculée par radio ponton).

Tant pis pour le mouillage de Santa Marta.  On ira découvrir la ville peut être plus tard par la route.

Une dernière nuit seuls au monde avant de reprendre la route pour la troisième, et ultime partie, vers Barranquilla et la marina de Puerto Velero. 

Ps: Bilan de l'arche de Noé by Ti'Amaraa 
Les dauphins voguent toujours. 
Le poisson volant raidi a été rendu à la mer.
Une hirondelle s'est envolée de notre roof saine et sauve au petit matin vers la côte en laissant malheureusement sa coéquipière allongée contre notre chariot de grande voile.

Ps2: sympa les oiseaux mais ils de sont bien ''oubliés'' sur le roof.... La trouille sans doute. 

Ps3: À l'heure où nous finissons d'écrire ces lignes dans ce dernier mouillage des 5 baies, l'orage gronde tout autour de nous. Malgré la nuit, nous y voyons comme en plein jour.
Heureux de ne pas être en nav' pour participer au festival d'éclairs et de tonnerre joué encore une fois ce soir. Sacré climat sur la Sierra Nevada !

Monday, October 17, 2016

Part 1: De Curaçao au Cabo de la Vela


Notre catamaran nous a conduit en Colombie !!

Nous avons presque du mal à réaliser où nous sommes. Les panoramas côtiers continentaux n'ont plus rien à voir avec ceux des îles. Tout est nouveau.  Nous avons le sentiment de commencer un nouveau chapitre. 
Nous ressentons une immense joie d'être à nouveau ''en route'' vers de nouvelles découvertes doublée d'une certaine émotion. Le sens de notre Ti'Amaraa (Liberté en polynésien) prend toute sa valeur en faisant escale en ce moment même dans ce pays.
Un peuple torturé par des années de guerre, de sang et de larmes est aujourd'hui aux portes de la liberté et de la paix reconnues à l'international. Nous sommes heureux de vivre ce moment d'histoire de l'intérieur,  et nous avons hâte de prendre ''la température'' lors de nos échanges à terre.

Mais en attendant, revenons sur la navigation. Dans l'article ''Demandez le programme '', nous avions tracé les grandes lignes. 
Alors, qu'est-ce qui a fonctionné ?
Qu'avons nous vécu de différent entre les nombreuses théories et notre pratique ?
La vidéo vous a déjà donné un petit aperçu.

Voici donc le récit du premier épisode 


De Spanish Water, Curaçao au Cabo de la Vela, Colombie 

La programmation du jour de départ de notre mouillage de Spanish Water s'est faite en tenant compte de plusieurs paramètres :
En premier lieu, nous avons repéré quel jour la météo était la plus favorable pour passer les fameux Caps difficiles ?
Une fois cette donnée validée,  il ne suffisait plus qu'à remonter le temps en fonction des miles à parcourir pour définir le jour du départ. 
La seconde composante non principale mais toujours importante à nos yeux: Respecter la tradition de ne jamais partir pour une traversée un vendredi. Nous savons bien qu'être superstitieux porte malheur ;-)
Alors, dans le doute, on s'abstient.... 
Cela tombe bien.  C'est le lundi que la météo est la plus calme pour passer la Punta Gallinas et le Cabo de la Vela.  Nous quitterons donc Spanish samedi pour aller mouiller plus nord. Les prévisions météo font état de périodes de calme à 5/10 nds sur notre route.  On s'en moque. Pour le coup, on décide de la jouer petits bras dans ces contrées capricieuses. Seuls les prévisions de pluie ne nous enchantent guère mais la fenêtre météo parfaite n'existe pas. Nous misons sur le fait qu'au réel nous aurons plus de vent et peut-être moins de pluie... Et si malheureusement les valeurs s'avéraient exactes,  nous jouerions des moteurs. Une fois n'est pas coutume. 
Prudence et tranquilité avant les performances sont les maîtres mots pour l'équipage. Qu'importe notre moyenne sur cette nav', l'un comme l'autre nous avons envie d'un moment ''à la cool''.

D'ailleurs pour commencer au chapitre tranquilité,  nous n'avons pas mouillé comme prévu à Westpunt.  De notre tour en voiture, nous avions gardé le souvenir d'une jolie plage assez fréquentée.  Or, lors de la remontée de la côte sous le vent de Curaçao sous GV et Code Zéro,  nous avons découvert une multitude de petites baies toutes plus désertes et belles les unes que les autres. Nous avons donc arrêté notre choix sur la Playa Abou, 4 nm au sud de Westpunt. 



Quatre mètres d'eau bleue translucide surplombant un fond de sable ont été le refuge de notre ancre pour la nuit. Seuls au monde, nous avons pu profiter une dernière fois du Curaçao Nature que l'on aime loin des complexes hôteliers. À peine le masque à l'eau, nous sommes accueillis par une tortue, une murène et leurs innombrables amis coralliens colorés. 
Une pause sereine devant une plage que l'on pourrait croire privatisée avant nos 36 heures de navigation. Pas mal pour commencer. 

5h du mat' le réveil sonne.  Yalla !!!
Nous vivrons alors 180 nm de pur plaisir. Le vent, la houle et les courants sont conformes dans l'ensemble aux fichiers téléchargés à l'exception des grands mous qui s'avèrent être finalement que très épisodiques. Bonne nouvelle !!!
Nous mettrons à peine 33 heures pour rallier le mouillage du Cabo de la Vela. 
Une fois arrivés au niveau d'Aruba et pendant des miles et des miles,  il faut naviguer avec la composante de l'industrie pétrolière. L'activité est forte près du lac de Maracaibo.  On croisera de nombreux tankers et des bateaux de forage. Beaucoup d'entre eux sont à l'ancre arrêtés en pleine mer car il y a peu de fond dans cette zone.

Sous voile, on a la priorité non? 


De nuit, le jeu se complique. Certains n'ont pas leurs AIS allumés et ils sont éclairés comme des sapins de Noël. Difficile d'apprécier s'ils sont arrêtés ou en route. Certains en plein sur notre route sous voile nous poserons un cas de conscience jusqu'au dernier moment. 

Ce qui nous aura le plus étonné aura été de naviguer des heures et des heures à distance raisonnable de ces Caps dans à peine 20 mètres d'eau couleur émeraude, à croire que les célèbres pierres précieuses nationales puisent leurs coloris profonds par ici. 
On comprend à présent mieux le surnom de Cap Horn de la Caraïbe.  La carte est truffée d'épaves.  Certaines ont même leurs structures hors de l'eau. Cela donne une ambiance un peu glauque. 




Alors qu'il y a ce matin là moins de 10 nds de vent et moins d'un mètre de houle au large, nous rencontrons sur ce plateau des vagues hachées et plus fortes. Cela reste très raisonnable mais on n'ose imaginer quand les cieux sont moins cléments. Il paraît évident que le choix du jour de passage n'est pas à négliger. 

Une fois de plus,  nous nous régalerons avec notre Imperator Parasailor. Toute la route sera entre 150 et 180 degrés du vent. L'idéal !! Nous ferons in fine malgré les gribs pessimistes près de 80% de cette première phase de route sous voiles.
Quant à la pluie, nous y échapperons. Pas une seule goutte. Toute la nuit nous verrons les éclairs au loin sur les terres.  À notre arrivée au Cabo de la Vela,  le ciel se fait gris, le tonnerre gronde. On remise vite le Parasailor pour passer sous génois au cas où... mais l'orage passera.


Tout la garde-robe aura été sortie



Nous mouillerons dans la zone réservée devant le petit village. Nous serons le seul bateau. Tout semble paisible à terre. En fin d'après-midi quelques barques de pêcheurs et des petites familles sur leurs canots viendront nous saluer et faire le tour de Ti'Amaraa. Les sourires sont éclatants sur leurs visages typés indiens sudaméricains, issus de leur descendance avec le peuple Wayuu originaire de cette région.
Nous avons la confirmation,  s'il venait à nous la manquer, que nous avons bien changé de planète. À commencer par l'heure,  UTC -5.  Une heure en moins, la nav' dans les pattes, la nuit précédente à jouer avec les tankers et l'appel des bras de Morphée ne nous laisseront pas la force de descendre à terre bien que l'accueil soit encourageant.

Première étape validée avec le sentiment qu'il faut démystifier cette première partie. Ces Caps ne sont pas si terribles. Il faut juste prendre le temps et choisir, encore une fois,  le bon moment. 

Une nuit paisible nous attend dans ce vaste mouillage désert. 
Demain la route reprend.
À bientôt pour la suite...

Saturday, October 15, 2016

De Curaçao en Colombie en images

Nous voilà arrivés en Colombie après une semaine de navigations intenses et d'escales inoubliables. Nous sommes encore un peu dans notre bulle après ces 700 nm. Nous revenons lentement à la vie terrienne en direct de la marina de Puerto Velero.

Pour une fois, nous vous proposons de commencer par une petite vidéo.



Le débrief arrive vite. Promis

La vidéo est
Ou via le lien :

https://vimeo.com/187478238

Les 5 questions pour analyser ses selles

Suite à mon précédent post sur le marche pied Squatty Potty, vous avez été nombreux à me demander comment on peut savoir concrètement si on a des selles normales ou pas.

Votre question est très judicieuse car sachez que l'analyse des selles est un outil de diagnostic très fréquemment utilisé par les professionnels de la santé et fort utile : les informations que l'on en retire permettent d'aider à diagnostiquer une grande variété de problèmes digestifs.



En vue de savoir si vos selles sont normales ou au contraire anormales, alors que devez-vous faire concrètement, quelle est la marche à suivre :

Friday, October 7, 2016

Aurevoir nos Dushi Islands

Cette fois-ci, c'est la bonne !!!
Après le faux départ dû au terrible Matthew,  devenu tout de même l'ouragan du siècle d'après les spécialistes,  nous sommes fin prêts pour cette semaine de navigation.
Nos papiers sont en règle. Toujours grâce à des officiels souriants et charmants, et toujours gratuitement !!
Un mois et demi d'escale 100% free,  on adore !



Les coques sont nettoyées. Allez Ti'Amaraa, il est temps de nous conduire en terres sudaméricaines.



Aurevoir nos chères Curaçao et Bonaire et Merci pour l'accueil,  les sourires, la qualité de vie et la protection offerts.

Nous laissons encore une fois un bout de nos coeurs à l'escale.
Paradoxe des sentiments avec l'envie viscérale d'aller voir plus loin, telle est notre vie sur l'eau.


9 chips saines et délicieuses que vous allez adorer!

Quand on a des problèmes de santé digestive, des allergies ou intolérances alimentaires ou encore qu'on a à perdre du poids, on a souvent l'impression de devoir faire des compromis alimentaires et se priver de bonnes choses.

chips de légumes saines et délicieuses recettes


Je vais vous prouver le contraire en vous donnant les recettes de 9 chips saines et délicieuses que vous allez adorer manger en grignotage devant votre télévision ou bien en guise de snack au goûter pour se faire plaisir :

Sunday, October 2, 2016

Là où on m'attendait


Dans la vie, il y a deux types de personnes : ceux qui savent depuis toujours ce qu'ils feront plus tard, et puis il y a les autres. Ceux ne savent pas ce à quoi ils sont destinés. Ceux qui l'ont peut-être su mais ne le savent plus. Ceux qui ne le savent pas encore. Et puis ceux qui ne le sauront jamais.

Partir à la rencontre de sa vocation n'est pas une tâche facile. Elle requiert discipline, persévérance, ainsi qu'une foi immense, en soi comme dans le monde. Les excuses ne manquent pour passer à côté de soi.

"Je n'ai pas le temps."

"Je manque d'argent."

"J'ai une famille."

"Je dois lancer une machine."

Je vous laisse insérer l'excuse de votre choix.

Mais il arrive un jour où on ne croit plus en ses excuses. Que faire alors, sinon remonter ses manches, serrer les dents et puiser dans ses ressources ? Armé de sa sa persévérance et de sa curiosité, on se met alors au travail. On s'entoure d'alliés : livres, amis, conjoint, groupe de soutien. Tous les encouragements sont bons à prendre.

La quête est longue. On avance, on tombe, on a mal, on sèche ses pleurs mais, à chaque chute, on se relève.

Et puis, un beau jour, alors qu'on baissait la garde, une petite voix se fait entendre. "Tu es là où tu dois être, à faire ce que tu es destiné à faire." Quand ce moment arrive, plus discret, qu'on ne l'imaginait, on dresse l'oreille. On est arrivé, enfin. La vie peut (re)commencer.

Il y a un an, un défi lancé sur un coup de tête a révélé ma passion pour le chocolat. Il y a d'abord eu 37 tablettes, en l'honneur de mon 37ème anniversaire, puis une 38ème et une 39ème... J'ai vite arrêté de les compter.

En janvier, j'ai commencé un blog au consacré au chocolat (www.37chocolates.com).

Au mois de juin, j'ai rencontré des producteurs de cacao péruviens.

Et puis, il y a deux semaines, Chris Thompson, le propriétaire de Philter Coffee, m'a invitée à former son personnel autour de sa sélection de tablettes. J'ai donc organisé une séance de dégustation et nous avons passé deux heures à partager nos impressions au sujet des tablettes. Entre les rires et les silences attentifs, j'ai entendu cette petite voix : "Estelle, tu tiens là la dernière pièce du puzzle."

La petite voix était si douce que j'ai failli ne pas l'entendre. Le chemin qui m'a menée là a été long et sinueux mais ça y est, j'y suis arrivée : je suis là où on m'attendait.