Sunday, January 15, 2017

Escale sur un mirage

Quelque-part au coeur de la mer des Caraïbes se cachent deux joyaux nommés Isla Providencia et Isla Santa Catalina.


Distantes entre elles de quelques centaines de mètres et reliées par un pont piéton (le pont des amoureux Lover's Lane), elles sont un miracle de beauté, de sérénité et de paix.
Un rêve éclos au milieu de l'océan.

Le château de Dame Caraïbe doit être caché dans ce paradis. On comprend mieux pourquoi elle ne nous a pas facilité l'accès à son trésor. Peu de touristes et de navigateurs poussent jusqu'ici.
Dommage...  pour eux.



Ces îles entourées d'un magnifique récif corallien flottent comme posées sur un océan tapissé de dégradés de bleu le long des 32km de sa barrière de corail.
Dans les guides, elles sont décrites comme :" Le nirvâna pour les amoureux de la nature et de la méditation comme pour les plongeurs et les touristes écolos".
Vaste programme...

Les locaux sont beaux, grands, amicaux et drôles. L' influence de la généalogie européenne et africaine, issue des différentes bases pirates établies ici dans le passé, est flagrante. Le métissage est réussi. On croise beaucoup de typés créoles à la peau blanche et/ou aux yeux clairs. Ici tout le monde a le sourire vissé au visage. On vous interpelle pour vous guider, vous filer une info voire juste pour vous saluer. Ils n'ont rien à vous vendre, c'est simplement leur façon de vivre.

À notre arrivée, la météo s'est vite dégradée. Vent et pluie se sont invités au programme. Décidément, tout est réuni pour garder secret ces beautés.
Pas un temps à mettre une souris dehors. Nous avons donc attendu 2 jours pour faire notre premier aller/retour express à terre entre deux grains et faire nos papiers d'entrée.
En effet, bien qu'arrivant de Colombie, il faut se déclarer.
Premier handicap : on était à la bourre de 2 jours.
Le deuxième handicap, et pas des moindres : notre dernier Zarpe, le fameux document de sortie qu'il faut demander à chaque escale, a été réalisé à Puerto Velero le 14 décembre à destination de San Andres, l'île voisine.
Pour le coup, on a été hypers lents 26 jours pour faire ces 400nm (!) et en plus on n'arrive pas dans la bonne île.
Allez, on aiguise nos plus beaux sourires.... Yalla...

À Providencia, il y a THE interlocuteur Mister Bernardo BUSH.

Mister Bush at the Bush Agency

À la fois quincailler, agent nautique, vendeur d'électroménager, c'est le point névralgique de l'île. Tout le monde connaît et sait où trouver ce brave homme. Merci à l'équipage de notre ''bateau frère'' MilPat qui nous ont précédé pour le tuyau.
Nous publierons prochainement un article ''Colombie Pratique" qui détaillera entre autres: les formalités depuis l'entrée dans le pays et l'accès à l'homme orchestre de Providencia.

C'est donc dans sa quincaillerie que ce grand Senior aux yeux bleus nous a reçu avec un sourire radieux. En deux temps, trois mouvements, il a rempli les documents pour nous, fait les photocopies nécessaires, téléphoné aux autorités qui se sont déplacées dans la foulée à la boutique pour signer nos papiers.
On l'a joué cartes sur table. La météo a retardé notre retard. Nous avons dû patienter sur les îles Rosario sans possibilité de refaire un Zarpe. Puis, Éole a fait le reste pour nous pousser vers leur île plutôt que San Andres, comme prévu initialement.
No problemo !
Exit nos deux handicaps. Ils nous demandent juste de faire une attestation sur papier libre (fourni aussi et dans la langue que l'on veut) pour l'annexer à notre dossier.
Et c'est tout !
Ils nous expliquent qu'ici les clearances sont  allégées et que :"Ils sont fous à Bogota".
Perso, on ne s'en plaint pas. Et le tout, pour zéro peso.
Ceux sont eux qui ont raison, en n'essorant pas les navigateurs, ça favorise l'envie de rester, ça booste la consommation. Et pour nous, ça nous donne sérieusement envie de repasser lors de la redescente.
Du jamais vu de chez jamais vu !! Gentillesse, disponibilité, efficacité, sourires.
Certaines équipes Immigration/Customs croisées devraient venir en formation à Providencia.
Peut-être devrons nous régler quelque-chose au départ au prorata des jours d'escale ? Mais sur le fond, cela nous choquerait pas. Nous utilisons le dock, les poubelles, les infrastructures...
On en reparlera plus tard.

C'est donc une fois nos papiers validés et après deux jours supplémentaires de gros mauvais temps que nous sommes partis explorer ce joli caillou.

Dès le premier contact, le souffle de liberté n'est pas fait pour nous déplaire.
La vie est encore plus tranquille que sur la côte ou les autres îles colombiennes visitées. Pas de plaque d'immatriculation sur les véhicules, pas de casques sur les deux roues (y compris pour les enfants à bord car il y a souvent toute la famille sur le scoot), les annexes ne nécessitent pas d'être cadenassées au dock (gratuit), des chevaux se baladent en liberté...et, on en passe...


D'origine volcanique, elles possèdent des vallées fertiles, de douces collines et des sommets accidentés. Ceux sont les seules îles colombiennes qui recèlent des ruisseaux dévalant les pentes. La terre est riche, la végétation exubérante.
Providencia est toute petite. On en fait le tour par l'unique route circulaire de 18 km. Autant dire qu'avec notre scooter loué pour 24 heures (20€ carburant compris), ça en fait des tours.
En son centre, son point culminant à 360 m offre aux plus courageux une vue en 360° unique.



Il faut compter 1h30 à 2h de marche dans la forêt pour atteindre El Pico, un éperon rocheux surplombant le lagon.

Ti'Amaraa nous attend tout en bas.
Sympa le mouillage, non ?


Le sentier est très bien tracé et entretenu. Des passerelles en bois sont même en cours de construction pour le franchissement des rivières. Certains  choisissent d'être accompagnés par un guide. Nous l'avons fait seul sans problème.

Comptez environ 3 heures aller/retour




Après 4 jours de pluie,
Bonjour la boue sur certains tronçons

Chemin faisant, des panonceaux expliquent la flore et la faune, et en particulier les célèbres lézards fluos endémiques. On les croirait fraîchement maquillés pour le prochain carnaval. Les mâles sont les plus beaux (et oui, désolés les filles). Ils sont parés d'un costume bleu étincelant ton sur ton avec le lagon en fond de décor.


Providencia, c'est aussi des plages tantôt de sable blanc, tantôt de sable volcanique gris.
L'ensemble a été épargné par les projets hôteliers et le tourisme de masse. Quelques petites structures cosy accueillent les touristes mais nous sommes à mille lieux des resorts, spa et autres golfs.



Santa Catalina est encore plus sauvage, quasi inhabitée. Aucun véhicule à moteur ne perturbe le lieu.

Front de mer piéton aménagé


Santa Catalina secrète
Il faut marcher pour voir ... ça 

Elle est la conservatrice naturelle de l'histoire de ces îles. À travers les vestiges et canons de l'ancien fort, on se replonge dans les batailles sanglantes entre corsaires européen (français, espagnols, hollandais ou encore anglais).
Le plus célèbre d'entr'eux Henry Morgan s'y installa au XVIIè siècle. La légende raconte que son somptueux butin issu de la prise de Panama City serait encore caché ici dans une grotte sous marine farouchement gardé par un cerbère-barracuda.


La balade sur les traces du célèbre trésor est à faire. Ce chemin bien aménagé au milieu de la végétation luxuriante offre de beaux panoramas sur la côte.


Trail entre terre et mer

Faute de pierres précieuses et de pièces d'or, nous avons tout de même trouvé la tête de ce notoire pirate : "La cabeza de Morgan".
Rien de morbide rassurez-vous.
Juste un énorme rocher de 15m de haut qui ressemble à une tête appelé ainsi en souvenir du passé.


Santa Catalina est l'île mystérieuse par excellence : falaises, rochers, cocotiers, végétations. Au détour du chemin, on ne serait pas surpris de croiser un corsaire observant le large de sa longue vue.



Dans la ''ville'' principale  Santa Isabel, à Providencia, où nous sommes mouillés, on trouve des supermarchés, des drugstore, des ATM, des loueurs de scooters, un hôpital.... Tout y est regroupé pour permettre une remise à niveau des frigos. Certaines escales nous ont habitué à moins de choix.

Providencia, Santa Catalina: deux îles hors des sentiers battus.
Un pays à part, un autre monde préservé des invasions culturelles de la zone continentale sud et centre américaine.
Un havre de paix et de beauté savamment protégé par ses natifs attachés à leur langue (anglais Caraïbe), leur culture, leur folklore conservés grâce aux traditions orales depuis plus de 300 ans.

Nous avons cherché longtemps l'île ''cliché'' Caraïbes, cet îlot entre plages, cocotiers et falaises verdoyantes.
Nous espérons vivement que cet état de préservation, de grâce et de liberté perdura encore longtemps sur ce petit bout de Colombie-Paradis.



Monday, January 9, 2017

Mes vœux pour 2017

Carte Quiet Boy Studio pour Trader Joe's
Après une semaine passée à me creuser la tête (je fais classique ou original ? Sérieux ou amusant ?), je suis venue vous présenter mes vœux pour 2017 : je vous souhaite plein de bonnes choses, comme la santé, l'amour et la prospérité ainsi que des lunch boxes qui se font toutes seules, puisqu'on y est.

En réalité, ce que je vous souhaite en 2017, c'est d'aller à la rencontre de vous-même. Ce n'est pas un chemin facile. Il est sinueux, rempli d'embûches et de mirages. La tentation sera grande de prendre les rêves des autres pour les vôtres mais il n'y a que vous pour découvrir qui vous êtes. Alors allez-y. Soyez déraisonnable. Ecoutez votre cœur. Séchez vos larmes. Allez là où vous conduit la peur.

Si je vous souhaite ça, c'est parce que moi, je veux vivre comme ça. Mais vous savez quoi ? J'ai peur. J'ai peur parce que je sais ce qui m'attend. Les faux départs. Les déceptions. La fatigue. Le ridicule. Les regards de l'entourage ("mais c'est quoi exactement ton travail ?") Combien de projets ai-je commencés sans finir ? Combien n'ai-je pas le courage d'aboutir ? C'est tellement plus facile de rester sur place. Le problème, c'est que c'est aussi beaucoup plus ennuyeux.

Cet hiver, pendant les vacances des enfants, j'ai fait une pause pour reprendre mes forces. Entre deux visites au musée, j'ai pris une grande respiration et décidé que cette année, je vais concrétiser mon rêve de créer un "Journal de bord gourmand aux Etats-Unis".

Ce journal, je l'imagine comme un compagnon de bord de mon Guide de survie alimentaire aux Etats-Unis. Je vais pouvoir en rendre l'intention - celle de sortir des sentiers battus - beaucoup plus explicite. Au fil des pages, on trouvera des invitations à vivre son expérience américaine avec humour, courage et gourmandise. On pourra y consigner ses souvenirs, les bonnes comme les mauvaises surprises (il y aura des pages réservées à ses frustrations) ainsi que ces petites choses d'apparence anodines mais remplies de sens. Un ticket de caisse de restaurant (votre premier repas aux US). Une carte de visite (votre restaurant à sushi préféré). Une recette de cuisine, offerte par un voisin ou une collègue (des cookies, par exemple). A chacun de retracer son parcours.

Concrétiser un projet de cette nature, c'est tout une succession d'étapes à accomplir : identifier un.e graphiste, une imprimerie, raturer une dizaine de brouillons, téléphoner à ses lectrices (et quelques lecteurs) pour confirmer qu'il s'agit d'une bonne idée, demander son avis à Jonathan, rassembler des devis, choisir ses prestataires, donner le coup d'envoi de l'impression, récupérer des cartons en espérant ne pas trouver de coquilles, humer le papier neuf et sourire, enfin. Et puis, ensuite, la magie de la première commande.

Il faut avoir le cœur bien accroché mais vous savez quoi ?

J'adore ça.

J'ai toujours aussi peur (ma mère aussi, croyez-moi) mais, maintenant que je vous ai confié mon projet, je ne peux plus reculer.

Alors, prêt.e.s à avoir peur ensemble ?

PS : au fait, un carnet de recettes aux pages blanches mais à la couverture assortie au journal, ça vous dit ?

PPS : faire partie des testeurs du journal, ça vous dit ?

Saturday, January 7, 2017

Les chemins de travers(e)

Alors que nous étions à quelques miles nautiques au portant du Panama et de son célèbre archipel des San Blas, nous avons choisi une autre option.
Panama attendra la prochaine saison cyclonique. Nous n'en avons pas fini avec la mer des Caraïbes.
Ou plutôt n'est ce pas elle qui n'en a pas fini avec nous ?

Il a fallu attendre plusieurs semaines avant de trouver un créneau météo acceptable pour prendre cette gente Dame de travers.
Il ne faut pas perdre de vue que nous traversons au fond de la mer des Caraïbes. Le vent a quelques milliers de kilomètres d’élan sur l'océan. Il a eu aussi le loisir de rebondir en s'amplifiant sur les fameux caps colombiens en levant une houle complice. Nous aurons une bonne première centaine de miles chaotiques à traverser.(environ 200km).

Ti'Amaraa s'est alors élancé pour tracer son sillon à 90° de la houle et du vent sur près de 400 nm. Pas le temps de traîner car un coup de nord est annoncé sous 5 jours.
Toute la première après-midi, notre voile Turbo le code zéro fait des merveilles. Le vent et la houle sont modérés. Ce n'est qu'à la tombée de la nuit, comme prévu, que Miss Caraïbe s'éveille et rapidement nous précise qu'elle n'aime pas du tout les petits navires sur les chemins de travers(e).
Quelle nuit !!! On s'y attendait, on n'a pas été déçus.

Sous GV et Génois, on file à plus de 9 nds. Les conditions à bord sont assez inconfortables. La houle s'est levée, le vent forcit. Grâce à notre vitesse, on s'évite le pire mais ça bouge. Le ravito du soir se rapproche plus du club sandwich que d'un dîner. Les quarts se mettent en place dès 19h30, harnachés dans nos gilets car on pressent que la nuit va être longue. Toutes les deux heures, nous aurons le choix à tour de rôle entre essayer de dormir sur un manège de fête foraine bruyant, ou essayer de se trouver un trou de souris calé pour veiller à l'affût des moindres bruits. La mâture siffle lorsque l'anémomètre dépasse les 35 nds.
Chaque déplacement doit faire preuve de beaucoup d'attention.
À bord c'est un peu comme si on avait téléchargé l'appli Orangina.
Mais si, vous la connaissez. Ce jeu de réalité (pas virtuelle) :
Secouez moi, Secouez moi....
Pas de soucis de pulpe sur Ti'Amaraa. On est brassés dans tous les sens. Nous nous mouvons avec l'agilité et l'élégance d'un pilier de bar à l'heure de la fermeture.

Au petit matin, nous ne sommes pas frais. Le bon côté des choses c'est que l'on a avancé. Au ''Check Point" à 24h, nous avons déjà parcouru la quasi moitié de la route : plus de 190 nm! C'est la première fois que nous vivons une telle nuit, et une telle moyenne.
D'après nos fichiers gribs, la tendance est à la baisse en milieu de matinée. Nous sommes largement en avance sur nos prévisions et même sur le routage Sailgrib. Cool...la troisième nuit sera peut-être au mouillage du coup.
Ragaillardis par une houle qui diminue et passe (enfin) 3/4 arrière, la vie reprend un cours normal à bord. On remet un peu d'ordre là où la veille nous n'avions ni la possibilité, ni l'envie de le faire... C'est sans compter sur la Miss qui n'a décidément pas apprécié notre intrusion.
En moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, nous recevons une véritable gifle. Elles sont bodybuildées les vagues dans le coin ! Nous n'avons rien vu venir. La Dame ne s'est pas mis de gants pour nous décocher un uppercut sur tribord d'une force jamais rencontrée auparavant.
Ti'Amaraa sursaute. Il lui faudra plusieurs vagues de rebond pour reprendre sa route. Il en faut plus pour mettre KO notre valeureux petit cata.
À bord, tout a tremblé, à commencer par l'équipage qui est heureux de trouver les mains courantes et fargues là où ils les attendent.
Pas de bobo. Pas de casse.Super !
Le seul a avoir été mis KO est not' pov' Léon. On le retrouve réfugié sous la table du carré. En 8000 nm, c'est la première fois qu'il réalise un tel vol plané.
Bilan de l'opération: une branche cassée. Ouchhh...
On préfère tout de même que ce soit lui que nous. C'est pas facile la vie d'un bonsaï navigateur. Ça y est il est balafré tel les flibustiers d'une autre époque. Et si on lui faisait une branche de bois ??
(Bon ok, elle est moyenne)

Petit à petit, le vent et la houle redeviennent, conformément aux prévisions, très gérables. Finies les baffes, Dame Nature nous laisse passer.
Le Code Zéro est renvoyé. La deuxième journée peut continuer bon train. Le cap rapide nous dirige sur Providencia. Vendu. On va pas faire les difficiles. Tant pis pour San Andres.

À l'heure des douches et du vrai dîner, les projections affichent une arrivée de jour le lendemain après-midi. Les éléments sont stables on laisse le Code Zéro en place pour la nuit qui sera douce. Le vent non rafaleux mollit un peu mais nous conservons une bonne allure.
Check point à 48h : 365 nm soit 175 sur la seconde journée.
Il ne nous reste plus qu'une poignée de miles. Nous apercevons déjà la ligne de Providencia à l'horizon. Il est 13h. C'est gagné nous serons installés au mouillage pour une nuit de repos bien méritée tant pour les Hommes que pour le matériel et les plantes.

PS : À l'attention de notre coach préféré:
Un trail de 800 km à 16km/h en 52h, ça compte dans notre ''training'' fiche ?
Côté dénivelé, si on comptabilise sur 52 heures, des creux de 2,5m toutes les 10 secondes, on est monté plus haut que l'Everest...et descendu aussi.
Quand on te dit que c'est du sport.

Tuesday, January 3, 2017

L'archipel des Rosario

Nous vous avions laissé au mouillage de l'Isla Baru l'année dernière.

Durant la trève des confiseurs, nous sommes partis explorer les îles de l'archipel des Rosario à deux encablures de Cartagena.


Nous y avons découvert des îles de toutes tailles dans un écrin d'azur. Certaines semblent être privatisées par des hôtels ou même des particuliers. L'ensemble est harmonieux et serein.



Loin de l'eau peu engageante de la ville, nous nous retrouvons dans un trou bleu corallien avec de faux airs des Roques.
À notre grande surprise, nous avons été seuls au mouillage pendant des jours et des nuits.
Enfin, plutôt des nuits.
La journée quelques yacht plus ou moins grands déversent leurs bimbos emmaillotées dans leurs strings xxs, cocktails dans une main, outils à selfies de l'autre, dans l'eau cristalline que réserve ce paradis.


Le calme du mouillage du petit matin se transforme pour une poignée d'heures, en une ambiance nightclub à grand renfort de watts des sonos embarquées. C'est toutefois très mesuré côté nuisances. Cela faut le coup d'œil et nous amuse.
À 16h, lorsque les moteurs hurlent jusqu'à Cartagena, nous retrouvons la quiétude du coin avec les quelques habitants, pour la plupart pêcheurs, de Isla Grande.



Bien que l'eau soit splendide, nous y avons cependant vu assez peu de vie sous marine. Nos équipements de plongée resteront au sec au profit de longues séances de barbotage autour de Ti'Amaraa.
La réglementation sur la chasse sous-marine est floue. Nous avons vu quelques stickers l'interdisant sur des bouées. Ceci dit, compte tenu du nombre de pêcheurs locaux et la faible affluence sous nos coques, le harpon aussi est resté dans sa remise.
De plus, tous les jours, de jeunes colombiens passent, sans insister, présenter le fruit de leur pêche. Si à Baru, nous leur avions acheté deux jolies langoustes cuisinées pour 50 000 cop (15 euros). À Rosario, nous avons commandé deux poissons pour le réveillon de la Saint Sylvestre pour une dizaine d'euros aussi.
Heureusement que nous avions fait quelques réserves à Carthagène, car nous attendons toujours notre livraison. Nos deux jeunes ont dû attaquer la fiesta du nouvel an plus tôt que prévu et nous ont totalement zappé.
C'est ça aussi la Colombie.
Nous en avons aussi fait les frais avec le concessionnaire Yanmar de Cartagena (Todomar) qui a, lui aussi, littéralement oublié de traiter notre commande de filtres en tous genres. Enfin, oublié...pas oublié d'encaisser les 50℅ d'acompte.
Après avoir mis la pression au comptoir dès le 2 janvier au matin, nous avons tout de même réussi à avoir une partie de nos pièces sous 24h !!!
Ce n'est pas notre genre d'être le client râleur du 2 janvier, mais quand il faut, il faut.

Passer commande en Colombie nous aura rappelé le vieil adage du lait sur le feu. Ici il ne faut pas lâcher, toujours garder la main sur la commande du gaz. Si vous partez le lait redescend tranquillement dans la casserole... Et ça peut durer longtemps... longtemps...
C'est ainsi.

Et puis 2017 a sonné.
Ti'Amaraa a trépigné.
L'équipage était paré.
Il était temps de bouger.

31/12/2016 Minuit en métropole - 18h en Colombie
Ti'Amaraa prend feu
Jolie fin d'année à bord

Le créneau météo semble favorable cette semaine pour nous élancer vers San Andres ou Providencia. Là où le vent et l'envie nous porteront.
Nous refermons les écoutilles vers le monde extérieur pour passer 3 jours au gré des désirs de Neptune et Éole.
Nous entrons dans notre bulle...
À très bientôt,



Saturday, December 31, 2016

Bonne Année

L' équipage de Ti'Amaraa vous souhaite une heureuse nouvelle année remplie de sourires, de beaux instants et de rêves concrétisés.

Friday, December 23, 2016

Cartagena encore mais autrement


- Si on se faisait un stop à Carthagène avant de reprendre la route vers le nord ?
- Oui mais, normalement on devait pas tracer directement vers San Andres ?

Depuis notre premier séjour dans cette ville surnommée la Reine de la Caraïbe, l'envie d'y emmener Ti'Amaraa trottait dans la cabeza de l'équipage. Le mouillage est certes donné pour être agité par les incessants va et vient de vedettes rapides mais la tentation est trop forte.
De plus, la météo s'est mêlée à notre prise de décision cornélienne. Le vent souffle fort depuis que nous sommes revenus à bord. Le tampon est à 30 nds tous les jours accompagné d'une houle au large peu engageante. Un petit calme de deux jours et annoncé mais aussitôt suivi par trois jours de coup de vent.
La distance qui sépare Puerto Velero de San Andres est de 400 nm (environ 800 km), soit 3 jours de navigation. Nous n'avons pas le cœur à nous lancer avec une telle météo au train, surtout pour une reprise après plusieurs mois à terre.
Un nouveau conseil d'administration extraordinaire de l'équipage est convoqué.
Ordre du jour : Changement de programme
À l'unanimité, Léon compris, nous décidons donc de faire route vers la Belle, en attendant de meilleurs hospices météorologiques.



Les fichiers météos prévoient 10 à 15 nds de vent au portant, au moins pour la première moitié de la route. Cette zone est réputée pour ses rivages sans vent. Aurons nous Éole avec nous ? 
Au final, il aura été là et bien là en nous ouvrant un bon 20/25. Ti'Amaraa voulait se dégourdir les coques. Il est servi. On file sous Parasailor aidé d'un léger courant favorable. Si ce n'était pas la houle 3/4 arrière de deux mètres, on pourrait presque se croire sur un tapis roulant.
Équipage et bateau reprennent leurs marques comme s'ils s'étaient arrêtés la veille.



La Cap' souffle car elle craignait le retour de son Voldemort détesté après ces semaines loin des flots. Nada !! Désolés les poissons, elle n'appâtera pas 😉.
Ti'Amaraa glisse et se fraye un sillon parmi les eaux boueuses et les troncs charriés par les rivières.



Au passage du Cap Santa Rita (Sainte des cas désespérés, d'après nos tablettes), l'anémomètre s'affole, le speedo aussi, seul l'Imperator Parasailor reste imperturbablement gonflé et rebondi comme une montgolfière. Nous sommes tous les deux aussi tendus que les écoutes... Et ça passe comme souvent après un cap. On récupère nos 20/25 nds et notre vitesse de 8/9 nds.
En 6h, nous sommes à l'entrée du célèbre mur immergé de Boca Grande.
Passagers du Ti'Amaraa Cartagena Express, Bonjour !!!
Pour sûr, ça change de notre trajet en bus.

Le mouillage n'est pas si bondé ni agité qu'on ne le craignait. Nous y trouvons une belle place près du club nautico.
N10°24.57 W75°32.55
Face à nos étraves, la vieille ville, Sur bâbord, Boca Grande et sa skyline aux faux airs de Manhattan.
Sur tribord, le quartier Manga et ses tours résidentielles.


Être dans cette escale mythique avec notre Ti'Amaraa nous laisse sans voix, et sans mot pour vous le décrire. 
On avait beaucoup lu avant le départ, rêvé de cette route, de cette ville à deux pas du Pacifique.
Nous, y sommes.

Déjà passé les portes de Cartagena avec notre bateau est un moment fort, mais le soir, lorsque l'horizon se dessine en s'illuminant d'étoiles aussi belles qu'artificielles, nous en restons bouche bée. Comme deux enfants devant leur premier sapin de Noël, nous regardons émerveillés les scintillements et les lueurs en 360° autour de notre maison flottante. Presque chaque maison, chaque appartement est décoré, illuminé. Tout n'est que couleurs et fête. Nous voulions voir Cartagena parée pour Navidad. Nous ne sommes pas déçus.
Cartagena vue de la mer c'est vraiment beau, avec la magie de Noël, c'est juste inoubliable.




Cette escale nous aura aussi permis de découvrir une autre facette de cette ville grâce à Laurent, heureux capitaine de Rêve de ..., croisé aux Roques et à Curaçao, retrouvé ici au mouillage.
Sachant que nos frigos criaient famine, ils nous a emmené au marché. Pas celui des guides touristiques, celui des gens ''en vrai''.
À quelques minutes du riche secteur résidentiel où nous sommes ancrés, nous nous retrouvons dans un barrio surprenant. D'une rue à l'autre, on passe du grand mall à l'américaine , au quartier très populaire et son marché.
S'ils ne parlaient pas espagnol, on se croirait dans le souk de Rabat/Salé.
À deux pas du Cartagena, bon chic bon genre, nous déambulons dans des ruelles aux abords chargées d'étalages. Le secteur poisson en plein air est difficilement soutenable pour nos narines européennes. Il semble cependant fort apprécié par les chats du cru.
Ça s'améliore côté viande même si on est loin des standards de la chaîne du froid.



Mais dans ce labyrinthe de senteurs, c'est dans les ruelles ''fruits et légumes'' que le charme opère pour nous et notre porte-monnaie. Des ananas énormes et juteux pour 2000 cop (0.7€).
Des poivrons alléchants pour 4000 cop le kilo.
Des avocats géants, des tomates écarlates, des salades craquantes, des melons sucrés au soleil Caraïbe....on en passe !!!
On frôle l'overdose.


Nous sommes bien sûr les 3 seuls européens à la ronde. À aucun moment, à la différence des souks, nous ne sommes interpellés par les vendeurs, ni même regardés de travers.
Au contraire, certains nous donnent l'impression d'être amusés par notre présence, notre espagnol et semblent même ravis que l'on consomme leurs produits. On marchande un peu, toujours avec le sourire. Et l'on repart avec plusieurs kilos de légumes et fruits tropicaux frais pour moins de 6€.
C'est ça aussi Cartagena.
Merci Laurent 👍.

Côté nautisme, si à première vue les trois petits ships semblent peu achalandés, nous y avons trouvé (presque) tout ce que nous cherchions, dont en particulier du stock de pièces de maintenance chez le distributeur Yanmar beaucoup moins cher qu'en Martinique.
Les magasins de bricolage ne manquent pas non plus. Décidément, Ti'Amaraa a été gâté pour Noël.

Justement, le 25 approche, et nous avions envie d'être dans notre bulle éloignés des tumultes de la civilisation citadine.
Cartagena offre de magnifiques mouillages plus ou moins isolés sur l'archipel de Rosario et sur l'Isla Baru à 15/20 nm.
C'est donc en direct d'un des recoins de cette dernière que nous vous envoyons cette carte postale. Nous sommes le seul bateau de voyage à la ronde dans ce dédale de bras de mer et mangrove qu'est ce Parc National '' Los Corales del Rosario y San Bernardo''.
Quelques maisons et quelques notes de musique témoignent de la présence de locaux à terre. Nous partageons en journée le plan d'eau avec des kayaks ou des pirogues du coin et des propriétaires de vedettes rapides venues passés la journée à la plage avant de rentrer dans leur belle grande Cartagena.



Compte tenu de l'étroite passe d'entrée, peu de chance que le Père Noël nous trouve dans notre trou de souris, tant pis....de toutes façons nous n'avons pas de cheminée et les rennes vont galérer avec cette chaleur.




Feliz Navidad
Joyeux Noël
Merry Christmas
Buon Natale
Frohe Weihnachten




Sunday, December 18, 2016

Comment interpréter les résultats de votre test du SIBO?

Vous avez été diagnostiqué "syndrome du côlon irritable" (SCI) / "colopathie fonctionnelle".

Vous avez passé le test respiratoire du SIBO car vous soupçonnez que votre syndrome du côlon irritable soit en réalité dû au SIBO (je rappelle que 95% des colopathies fonctionnelles sont en réalité le SIBO, pour en savoir plus c'est ici : 3 étapes pour savoir si votre syndrome du colon irritable est le SIBO).

Maintenant que vous avez entre les mains les résultats de votre test du SIBO, il va falloir que vous sachiez interpréter les résultats de votre test.

interpréter résultats du test respiratoire du SIBO hydrogène methyl acétate méthane


Aussi dans ce post, je vais vous apprendre :

  • Comment lire vos résultats du test du SIBO que le thérapeute ayant réalisé votre test vous aura remis, 
  • Qu'est-ce que ces résultats signifient pour vous concrètement,
  • Sans oublier de vous rappeler comment se déroule le test :