Friday, September 9, 2016

Interview: John Herron, auteur du livre "The Gut Health Protocol"

En cette rentrée de septembre, je vous avais promis des nouveautés sur ce blog.

Et ça commence aujourd'hui avec l'interview d'un éminant connaisseur américain du SIBO, candidose, colopathie fonctionnelle que j'ai eu la chance de pouvoir réaliser cet été !

Interview de John Herron, auteur du livre "The Gut Health Protocol : A natural Approach to healing SIBO, Intestinal Candida, GERD, Gastritis and other Gut Health issues"


Qui est la personne que j'ai eu le plaisir d'interviewer?

Il s'agit de John Herron, auteur du livre "The Gut Health Protocol : A natural Approach to healing SIBO, Intestinal Candida, GERD, Gastritis and other Gut Health issues".

Livre dont je vous ai justement parlé dans mon précédent post ici : The Gut Health Protocol : protocole naturel pour guérir SIBO, candidose, colopathie.

John Herron a eu la gentillesse de répondre à toutes mes questions, et je vous laisse découvrir toutes ses réponses :

Monday, September 5, 2016

Autant en emporte le vent

Alors, il vous inspire quoi ce titre d'article ?
De quoi allons nous bien parler aujourd'hui.

Le vent, bien sûr...



Élément capital de notre quotidien...
Rassurez vous, nous n'allons pas partir dans une diatribe philosophico - cinematographique (quoique...) bien qu'il s'agisse d'un sujet majeur.

En fait,  si l'on veut être plus précis, il faut changer le verbe: "Autant en apporte le vent''.
Nous vivons dans une ambiance saline associée à la poussière,  aux particules chargées par le vent, nos bateaux sont mis à rude épreuve.

Voici donc l'histoire de votre équipage préféré lors de sa dernière nav'.
Alors qu'ils voguaient paisiblement au portant, Parasailor à poste, le système électronique de Ti'Amaraa a décidé de faire des siennes pour la première fois en plus de deux ans de bons et loyaux services.
L' afficheur a en effet décidé de jouer les plaisantins et de donner des valeurs de vitesses vent cocasses.
À l'allumage de l'électronique, tout fonctionne normalement.  Puis après quelques minutes, la vitesse décroît progressivement jusqu'à afficher 0.0 knds.
Mais bien sûr !!!


Malgré un redémarrage du système, l'afficheur boude toujours.
Ainsi s'achève la nav' avec seulement la direction du vent et une belle tête à Toto en guise de vitesse.
Bien que nous puissions naviguer sans, nous voulons tout de même comprendre et dépanner.  D'autant plus que notre garantie court encore quelques mois.

Outils, Metrix....Au rapport !!
Presque deux mois, que, nous l'avouons,  nous avons plus profité des escales que bricolé. Cet arrêt d'un mois était justement prévu pour faire un peu de maintenance préventive. Pour le coup, on va commencer par de la corrective.

Première piste: tester les câbles de l'anémomètre en pied de mât.
Si ça peut éviter au Capitaine de jouer les funambules en haut du mât au mouillage...

Super! Il y a bien 8V d'alimentation.
De même,  les câbles de direction de vent et de vitesse de vent fournissent bien une tension.
Entre le fil jaune (vitesse du vent)  et la masse, la valeur oscille en fonction des rafales entre 7,2 et 7,4V et ce même après que l'afficheur soit bloqué à 0.0 knds.



L' anémo enverrait bien les informations au système...
Aïe, si c'est un bug électronique, on est au bout de nos compétences.
Justement le petit boîtier qui traduit les infos reçues et les envoie vers les afficheurs (Transducer Converter ITC 5) clignote comme le tableau de bord du Faucon Millénaire.
- C'est normal tu crois mon Capitaine Han Solo ?
- Franchement là Princess Leia , j'en sais fouchtrement rien.

Faut dire aussi qu'on ne s'est jamais amusé à démonter les boîtiers quand ça marchait bien pour savoir si c'était les illuminations ou pas à l'intérieur.

Le pire dans l'histoire c'est qu'après plusieurs heures d'extinction du général,  l'afficheur reçoit à nouveau la vitesse du vent.... puis redegringole...Et re-tête à Toto...
La Princess Leïla entend alors le cri du Wookiee dans la coque bâbord
Rrrr...Nomdoudiou....waouwaaaaa

On adore ces bugs aléatoires.

Un peu désorientés,  on se rapproche de notre maître Yoda, alias notre concessionnaire préféré.
Help Jean-Pierre !
Tu en penses quoi ?
Déjà rencontré le problème ?

Comme à son habitude, dans la demi heure,  nous avons une réponse à notre mail :
- Monter au mât tu devras
- Déconnectage de la girouette anemomètre tu effecturas
- Nettoyage et inspection tu feras
- Si rien n'y fait, commencer à pleurer tu pourras

En effet, cela signifierait que le système des godets est à changer dans l'aérien.
Jean Pierre FRERY pousse son professionnalisme et sa réactivité à nous communiquer les coordonnées du correspondant le plus proche.
Merci Chemins D'océans.
Vous êtes vraiment top !
Que la Force soit avec vous ! ;-)

Nous attendrons un petit matin calme au mouillage pour entreprendre l'opération ''montée'' du Capitaine en tête de mât armé de son sabro-tournevis laser.
L'objet du délit est descendu dans le cockpit. Il y a effectivement un peu de corrosion au niveau des fiches de connexion. L'intérieur de l'appareil est en revanche très propre.
On ''décape'', on nettoye...
Avec la petite touche du chef, notre indispensable Vaseline,  nous croisons les doigts pour que l'histoire s'arrête là... Et pour longtemps.

Han Solo pendu seul à sa drisse à 18 mètres de haut reconnecte l'ensemble.
Princess Leia quitte son poste de pilotage, bondit dans la nacelle pour mettre sous tension, le tableau de bord du Faucon Millénaire.
- Ça marche, Capitaiiiiiine !
- Ne crions pas victoire trop tôt, Leïla, attendons les ''habituelles'' 5 à 10 mn, lui dit Han Solo à la radio.
Qu'à cela ne tienne, elle saute dans la coque bâbord, contrôle les paramètres vitaux de R2D2 alias l'ITC5 (merde, ça clignote...).
Elle court dans la coursive, remonte les quelques marches qui la conduisent à la table à carte interstellaire, observe les aiguilles et compteurs.

Roulement de tambours....
Tatitatitatataaaa(ça c'est la zik...)
.........
Ça marche !!!
Leia annonce la bonne nouvelle à la radio.

- Heu okay... mais là descends moi s'il te plaît... Dit Han Solo d'une voix anormalement aiguë 

Disparu le côté obscur de notre Dark anémomètre
Hihaaaaa.... Trop contents !!!

Leçon numéro 1: rajouter la vérification de la connectique de l'anemomètre dans notre gamme de maintenance préventive annuelle

Leçon numéro 2: R2D2 clignote toujours... C'était donc normal

Leçon numéro 3: Jamais Confiance en la Force tu ne perdras

Leçon numéro 4: Toujours ton maître Yoda en premier tu appeleras

Leçon numéro 5: Arrêter de regarder la série des StarWars cela influence quelque peu notre récit.

Saturday, September 3, 2016

Curaçao Pratique

Avant de rentrer dans les détails de la vie à l'escale à Curaçao, nous vous proposons un article 100% ''sailing guide'' pour votre arrivée sur cette île car certains points méritent d'être connus avant de pointer ses étraves.


Nous vous avions quitté à Bonaire.
Comme à l'arrivée,  les formalités de sortie à Kralendjik se passent dans le même bureau. Toujours sans aucun frais,  nous obtenons nos papiers de sortie et un joli tampon de flamand rose stylisé sur nos passeports.
Bien que les îles ABC ( Aruba, Bonaire et Curaçao)  soient toutes trois hollandaises, elles ont toutes des statuts différents et donc leur propres administrations. Il faut donc bien faire sortie et entrée à chaque mouvement du bateau inter-îles .
La navigation d'une quarantaine de miles nous a permis de tester notre Parasailor jusqu'à un angle de vent de presque 90 degrés.  Ça tient bien !! En cours de route, nous avons même pu hisser la Grande Voile. Dès que l'on passe le Cap sud de Curaçao, on retrouve du 180 degrés. C'est donc avec notre bulle orangée gonflée que nous nous sommes présentés devant les portes de Spanish Water.



Une jolie tranche de vie sur l'eau avec les copains de Seayousoon sous spi asymétrique.



La dernière nav' commune... Qui sait ?... On recommencera dans le Pacifique ?

L' entrée de Spanish Water se dévoile au dernier moment. Un grand Resort avec golf occupe l'entrée tribord du bras de mer. Une falaise sauvage couverte de cactées en tous genres fait office de bouée bâbord.
Grâce à la carte,  on voit bien que ce petit bras donne sur un immense dédale intérieur.
Point GPS: 12'3.835 N 68'51.155 W



On a l'impression de s'engager sur une rivière assagie après la houle océanique. La plage de l'hôtel longe l'entrée. Une passerelle a même été installée tout le long afin de délimiter un bassin de baignade pour les guests. Chaque bateau qui entre fait un peu l'attraction côté ''piscine''. On nous fait des coucous, on nous prend en photo. Sympa l'accueil !!!

Une fois à l'intérieur du lagon,  le terrain de jeu est un vrai labyrinthe. On comprend vite le référencement comme ''trou à cyclones''.
Des zones de mouillage ultra protégées se partagent le territoire avec des yachts-clubs privés,  une petite marina et de nombreuses villas avec appontements privés. Il y en a pour tous les goûts, tous les budgets...Et tous les niveaux d'entretien tant à terre que aux mouillages. Le Curaçao yacht club dispose d'un dock carburant ouvert aux plaisanciers de 12h à 18h (de 10h à 18h le week-end).
L' ensemble reste joli à voir et à explorer en annexe.







Revenons au côté pratique.
Une fois mouillé,  la priorité des priorités est d'aller faire ses formalités d'entrée.
Il faut bien prendre en compte que Spanish Water est à une bonne dizaine de kilomètres de Willemstad, capitale de Curaçao.  Or, c'est là-bas que se situent les bureaux des officiels.
Bien qu'ils soient ouverts (paraît-il) jusqu'à 23h, nous ne nous sentons pas de partir à l'assaut de la ville en pleine chaleur de mi-journée.
Demain, il fera jour. Bien entendu,  on déclarera être arrivés vers 18h et non 14h pour justifier le décalage d'un jour.

8h30, le lendemain matin, nous voilà prêts pour le marathon administratif. Comme pour Los Roques, nous sommes accompagnés de Nicole et Michel qui n'en sont pas à leur première escale de Seayousoon ici. ''Clearance tour 2", go !! Merci à nos supers guides.

À Spanish Water,  il n'y a pas cinquante choix pour laisser le dinghy. La zone bar/restaurant du Pier Restaurant et Pirate-nest bar met à disposition des plaisanciers (en plus d'un super WiFi !) un petit ponton bien entretenu pour laisser nos carrosses gonflables en sécurité.
De même, le quai des pêcheurs a réservé un petit emplacement aménagé pour les annexes. Un peu plus loin que le premier, d'après nos informations il est pratique pour prendre le bus gratuit qui plusieurs fois par semaine propose un aller retour gratuit dans la zone des supermarchés....et des shipshandlers.



Pour le moment,  place aux officiels!
Un arrêt de bus est situé sur le rond point à la sortie du bar des Pirates . Pour aller à Willemstad, il faut prendre un bus de la ligne 6A. Ces bus publics climatisés (avec WiFi !) ont toutefois une gestion très approximative de leurs grilles horaires. Nous nous sommes desséchés plus d'une demi heure au soleil sans succès.  Heureusement, un système de taxi-co privé est en place. La charmante conductrice a pris pitié de 4 gaulois rougis, dégoulinants (et oui, pas d'abris bus donc pas d'ombre) et s'est arrêtée pour nous sauver de la liquéfaction.
Le bus public coûte 1,70 guilders par personne (monnaie de Curaçao soit environ 1 Us$), le minivan privé 2,50. Cela ne vaut pas le coup de tenter l'insolation. Nous avons rarement été aussi heureux de faire 10 bornes sur un bout de banquette. Une fesse assise, l'autre dans le vide. Tant pis pour le confort et le Wifi du grand bus. Notre minivan non climatisé nous convient parfaitement. Nous croiserons d'ailleurs en chemin notre 6A tant attendu...avec une bonne grosse demi heure de bourre sur l'horaire.
Note pour le retour en bus cet après-midi: prévoir de la marge horaire sur le programme ;-)

Une fois arrivés à la gare routière de Punda, il est temps de chausser les tongs à crampons... C'est parti pour le tour administratif de la ville.  Afin d'aider vos futures démarches, voici la trace du parcours.



Le plus long n'est pas la paperasse,  ceux sont les déplacements. Ceci dit déambuler dans la jolie ville colorée de Willemstad est loin d'être une punition.



1ère étape: Les Douanes / Customs
L'immeuble ocre est situé en face du marché venezuélien flottant à l'angle de l'entrée du port principal de Curaçao.




Formulaires classiques à renseigner.
Coups de tampons réglementaires.
Et c'est reparti.
Curaçao est affilié au système de clearance en ligne Sailclear. Nous avions pré-enregistré notre arrivée. Théoriquement, cela permet d'écourter la procédure en évitant de remplir pour la énième fois nos identités et le pedigree de Ti'Amaraa.  Un numéro de notification,  un document imprimé à signer et zouuu on peut continuer notre chemin.
En pratique, l'ordinateur est HS ou l'imprimante ou les deux...bref, rien ne vaut notre bon Bic.
Un peu comme les bus publics, il y a une marge d'erreur entre la théorie et la pratique.

2ème étape: l'immigration
Il faut changer de rive pour accéder au bureau concerné.
Un cargo étant en cours de manoeuvre dans le chenal, le célèbre pont piéton tournant n'est pas disponible.



Willemstad a tout prévu pour éviter d'avoir à faire le grand tour à pied, des petites navettes ferry se chargent de prendre le relai du pont. Oufff !!!
Tiens nous voilà sur l'eau, ça faisait longtemps !



Le temps d'attendre le bateau, de le laisser débarquer la bonne centaine de passagers, d'embarquer une autre fournée, de traverser le bras de mer, nous retrouvons de l'autre côté sur le plancher des iguanes.
- Il est déjà presque 11h30 !!!
- Oupsss!  Faudrait pas que l'on trouve porte close.
On passe la seconde. Au trot, la compagnie. On aurait dû mettre les Nike. Les orteils humides couinent dans les tongs.
Les bureaux d'immigration sont dans la zone portuaire. Il faut montrer patte blanche au poste de garde à l'entrée.


Re-passeports
Re-formulaires
Midi moins dix, nous poussons les portes du bureau d'Immigration.



Armés de nos quatre plus beaux sourires,  on attend de voir si l'officier est disposé à traiter nos deux entrées avant sa pause déjeuner.
Dans certaines îles de la Caraïbe, nous avons tellement eu à faire à des officiels bougons, surtout lorsque leurs estomacs crient famine,  que l'on ne serait pas étonnés d'être ''invités'' à se représenter à 14h.
Que nenni !!!
Tout sourire, il traite nos deux dossiers.
Tiquera t'il sur le fait que l'on soit arrivés hier ? Point du tout.
Nous avons prévu de rester un bon mois afin de laisser passer la saison des orages sur la Colombie et pouvoir passer sereinement le Cabo Vela. Nous demandons donc deux mois de séjour.  Nous les obtenons sans le moindre problème ni même de questions sur nos intentions.
L' agent nous rend tous nos papiers validés en nous souhaitant une bonne escale.

Nous avions lu qu'il y avait aussi des déclarations de zone de mouillage à remplir, que l'on devait informer si le bateau bougeait. Cela ne semble plus d'actualité.
Le bureau des autorités portuaires ne serait plus à visiter. Plutôt une bonne nouvelle car ceux sont ces services qui facturaient l'escale (de l'ordre de 10 à 20 Us$ par mois).
Et un bureau de moins, un !!!

Nous finissons donc notre épopée administrative autour d'une boisson fraîche sans avoir déboursé ni guilders, ni dollars.
Feront ils le récap lors de notre départ ? À suivre...
Clearances gratuites à Bonaire, à Curaçao itou. Merci La Hollande.

Vous l'aurez compris. Les formalités administratives sont un peu longues du fait de l'éclatement géographique des bureaux mais tous les agents sont cordiaux et souriants. Que du bonheur !

À présent en règle avec l'administration locale, il ne nous reste plus qu'à déjeuner puis se balader dans les ruelles de Willemstad avant de reprendre le bus à Punda.
Il est presque 15h. Le précédent bus public était à 12h45, le suivant est prévu pour 15h30. S'il a cumulé les retards depuis ce matin, pouvons nous espérer retrouver Ti'Amaraa et Seayousoon avant le coucher du soleil ?


Assis à l'ombre de l'abri-bus pour le coup, nos quatre paires d'yeux se mettent en quête du taxi-co desservant notre ligne. L'option nous paraît à tous nettement plus sage. Exit le bus public.
Contre toute attente, un splendide 55 places de la ligne 6A s'arrête devant nos orteils ébahis dans leurs tongs fumantes!!!
Nous ne saurons jamais si c'est celui de 12h45 qui est super (de chez SUPER !) en retard ou celui de 15h30 qui lui en revanche a avalé sa montre. Peu importe, nous retournons sous climatisation à Spanish Water. Pour le Wifi, il vaudra retenter notre chance.  Il ne fonctionne pas.  Faudrait tout de même pas vouloir tout d'un coup !!!

Nous avons prévu de revenir à Willemstad pour se balader et aussi pour faire nos emplettes de fruits et légumes frais. Les étalages du marché flottant venezuélien ont ouverts nos chakras végétariens. Peut-être résoudrons nous le mystère de la ligne 6A.
Quant au bus gratuit censé nous amener au supermarché,  nous avons décidé d'appliquer la maxime :
"On n'est jamais mieux servi que par soi même ''.
En plus, c'est bon pour les jambes !!!




Thursday, September 1, 2016

Bonaire sous l'eau

Et voilà comme promis, la vidéo de nos plongées à Bonaire avec en guests stars nos anges français dansants.
Bon voyage avec nous...
Cliquez

Ou copiez collez le lien :
https://vimeo.com/181042864

Monday, August 29, 2016

Bonaire Roofing

En attendant la vidéo sous marine...
... Voici un dimanche sur l'eau à Bonaire


Tuesday, August 23, 2016

Dans le bleu Épisode 3: Bonaire

Étraves plein ouest.
Une quarantaine de miles nautiques, 80 petits kilomètres seulement séparent les îles venezuéliennes de Los Aves à l'île de Bonaire.


Une même mer des Caraïbes,  un même climat... Mais tout un monde de différence.
Si pendant la traversée, au portant sous Parasailor, notre Ti'Amaraa a galopé comme Ourasi à la grande époque. En revanche, les 6 derniers miles sous le vent de l'île ont été sportifs. Nous sommes passés de la course de fond aux sauts d'obstacles. 
De vilaines rafales à près de 30 nds, nous ont en effet forcé à changer puis à réduire de la toile. Sacrée école de voile le coin ! Nous aurons presque eu toutes les allures en 6h de nav'. Nous arrivons dans la baie comme un boulet de canon. La mer est agitée, le vent souffle. L' arrivée sur Kralendjik est vitaminée. On sait que le mouillage y est interdit. C'est sur bouée que ça se passe par chez eux. Vu les conditions, on sent que ça va être rock'n roll... 
D'autant plus qu'il faut attraper non pas une mais deux bouées !!! Une par étrave. Génial !!! Bouées étant un grand mot car d'après le guide nautique il s'agit plutôt de deux petits flotteurs bicolores.
Le Cap est serein. La Cap et sa gaffe prient les Saints des bouées (si! si! ils doivent bien exister...il FAUT qu'ils existent !!!)  pour qu'ils nous en aient laissées de libres et que la capture de ces bestioles ne soit pas trop galère. 
Lorsque l'on se présente sur zone, toutes les bouées arrières sont prises... Pas cool...
Il n'en reste que quelques unes en première ligne très proche du bord et des autres bateaux.
Pas le choix, faut y aller et va falloir le jouer serré.
- Y aura assez de fond ?
- Y aura assez de rayon d'évitement le plus proche voisin est tout de même un Oceanis 50 ?
- Elle est de quel côté du flotteur la boucle à attraper ? Pour certains bateaux en place c'est côté blanc... pour d'autres c'est rouge... et d'autres encore c'est une bouée classique rouge! Parfait, ça nous aide !!! Merci les Saints des bouées.

On approche doucement. La ville et ses immeubles coupent le vent. Finies les rafales, le plan d'eau est nettement plus praticable. Finalement, on trouve du bon dans les constructions bétonnées en bord de côte.
En deux coups de cuillères à Yanmar, on est ficelés aux deux flotteurs. Quand on vous dit qu'ils existent les Saints des bouées !!! Ou alors c'est l'équipage qui s'améliore ?


Seayousoon et Ti'Amaraa au mouillage 

Il y a près de 3m de fond et nous sommes certes près les uns des autres mais tous sur bouées ça le fait.
Hihaaaaa !!! Y'a plus qu'à...
1- dormir
2- profiter... demain 

Au premier coup d'oeil, Kralendjik n'a pas grand charme. Après un mois d'îlots déserts et préservés,  on se retrouve à quelques mètres de la jetée et d'une ville à l'européenne. Camions, voitures,  motos ou quads agitent le front de mer. Les avions sillonnent le ciel. Les klaxons et sirènes remplacent les chants des sternes.
Mouai... Bof...
Seul le bleu translucide du plan d'eau est engageant. 
Allons allons, pas d'à priori! On a lu beaucoup de bien sur cette escale surnommée le paradis des plongeurs. Wait and see... 




Concernant les formalités, un seul bureau,  un seul interlocuteur tout sourire, un seul petit quart d'heure pour être en règle pour 0,00 €.
Pour ceux qui nous ont interrogés suite à l'escale venezuélienne, deux options sont possibles:
- soit vous faites la sortie à Gran Roque avant de partir pour les Roques ouest et les Aves. 
- soit si vous n'avez pas prévu de revenir de si tôt aux Roques, vous ne faites pas la sortie à Gran Roque et vous avez en poche une clearance de Martinique avec Bonaire pour destination.(faite en avance de phase sur les ordinateurs mis à dispo par les douanes françaises) 

Dans les deux cas, les dates des clearances de sortie sont très éloignées de celle de votre arrivée effective à Bonaire mais ils s'en moquent. Ils font une copie du papier et basta.
Nous avons opté pour l'option 2, les copains de Seayousoon pour la 1, l'un comme l'autre nous avons été accueillis sur le sol néerlandais sans encombre.
Et oui, Bonaire est un bout d'Hollande (Le pays, hein ? Pas le président !) en climat Caraïbe.

Les bouées sont facturées 10 Us$ la nuit, soit trois fois moins qu'aux BVI tout de même. 
Escale payante, mouillage ''dirigé''. Comparé à la liberté et la gratuité de nos escales venezuéliennes, nous avons décidément changé de monde... Mais on n'a rien sans rien. C'est aussi ce qui fait le charme de notre vie en voyage. À chaque nouvelle escale,  nous devons nous adapter au rythme et usages locaux.

La première balade en ville nous renvoie dans les codes européens : une civilisation galopante, des portables qui carillonnent, des vitrines aguichantes, le roi Us$ omniprésent... Mais aussi des cafés avec WiFi !!!
Vite une Maj !!
Il faut bien reconnaître que cela fait du bien de vous lire et de recevoir et donner des news.
Merci pour tous vos messages suite à la publication de la vidéo des Roques et des Épisodes ''Dans le bleu 1 et 2''.

Si en ville, il ne semble pas y avoir de quoi tomber à pamoison, sous l'eau par contre, tout un programme nous attend.
Sous le bateau, à quelques mètres de la jetée et de la vie trépidante de la ville principale, l'eau est d'un bleu lagon magnifique.
Régulièrement , nous sommes spectateurs d'entraînements sportifs de locaux devant nos étraves: natation, voile, water-polo... 
À chacun ses Olympic Games...



Au premier coup de palme, on se retrouve nez à nez avec des anges français peu farouches ou des raies aigles accompagnés de la noria ''habituelle'' de poissons coralliens multicolores.
On comprend vite lorsque l'on met le masque sous l'eau l'interdiction de mouiller. Déjà les coraux sont préservés et donc nombreux, aussi le fond descend très vite. Les bouées sont à ras d'un tombant de plusieurs dizaines de mètres. On comptabilisera 40 mètres tout de même à l'arrière de Ti'Amaraa en plongée. Mouiller serait bien compliqué et peu sécurisant. On ne regrette pas nos 10 dollars.

La philosophie adoptée par Bonaire est de laisser tous les sites de plongée libres d'accès. Ils sont identifiés en bord de route par des cailloux peints en jaunes. Des bouées de la même teinte sont à disposition pour amarrer les annexes, les bateaux privés et ceux des clubs professionnels. Si l'on est autonomes et équipés, on peut plonger autant qu'il nous plaît (hors structures commerciales) à la seule condition de participer à la fondation des parcs naturels de Bonaire. Le prix est fixé à 10 dollars pour les snorkellers et 25 pour les plongeurs. Ce pass est valable un an, donne accès aux 2700 ha de zone côtière autour de Bonaire et au Washington Slagbaai National Park (parc terrestre dans le nord de l'île de 5643 ha).


Heureusement que les formalités d'entrée sont gratuites car entre les nuits sur bouées et le ''Nature fee'', un petit budget est tout de même à prévoir pour accéder au paradis des plongeurs. Le St Pierre en combi néerlandais à la bosse du commerce.

Remplissage des blocs en drive in

Nous aimons croire que le but principal est la préservation du patrimoine. Les plongées nous le confirme immédiatement.
Quel luxe de pouvoir plonger en direct de notre bateau ! On accède au tombant et ses beautés de nos jupes.



Une vidéo vaudra mieux que des mots. Des poissons par centaines, des anges français énormes qui vous suivent comme des petits chiens, des anges empereurs et Caraïbes majestueux dans un décor corallien de toute beauté.
Waouuuuu effectivement ça vaut l'escale ! Une fois de plus de faux airs des tombants polynésiens les pélagiques en moins.
En terme de tailles (âge) de coraux nous sommes toutefois en dessous de ce que nous avons pu voir aux Roques mais l'état de préservation fait plaisir à voir.

La petite île soeur Klein Bonaire possède une multitudes de sites pour buller en immersion dans le monde du silence. Sa préservation en îlot désert et protégé en fait un havre de quiétude lorsque l'on sature des bruits urbains. D'un run d'annexe nous avons pu barboter pendant des heures au milieu des coraux multicolores et des poissons assortis.

La vie fut donc douce à Bonaire.
Île de passionnés de nature et de sports, nous avons apprécié l'état d'esprit et l'art de vivre qui se dégage de ses quartiers.
Dès le plus jeune âge, la sensibilisation au respect de la Nature est enseignée. Un corps de ''Rangers Junior'' est par ailleurs très actif et très apprécié des enfants de Bonaire et de leurs parents. À terre comme en mer, tout est propre et respecté. 



Notre budget limité ne nous a pas permis de faire les clients mystères de TripAdvisor pour faire un comparatif des offres en matière de ''diner à terre''. Nous avons toutefois flashé sur l'un d'entre eux: le Bistro de Paris, situé dans la marina.



Après un mois en autonomie entre poissons frais, riz, et ce même avec les langoustes, cela peut paraître du snobisme mais on frôlait l'overdose. On a donc adoré dévorer un Burger au bon steak saignant avec un semi-remorque de frites et du rosé de Provence. Aaaah les classiques !!!
Donc sans chauvinisme aucun, ce resto est top ! Patrice, chef d'origine bretonne expatrié depuis des années à travers le monde, a fait de son établissement une belle image de notre gastronomie relevée de touches exotiques assorties au décor. À découvrir sans modération !!!

Merci pour tout Patrice
Ton sourire, ta générosité,  ton équipe
Ne changes rien !

L'accueillir à notre bord avec les Seayousoon fut aussi un réel plaisir. 
Quoiqu'un peu stressant : on cuisine quoi à un chef cuistot ?
Non sans blague, sans chichis nous avons mis en commun nos petits plats et passé une belle journée autour de notre plancha entre français d'outre-mer. 

Accaparés par ces belles plongées et notre vie sur l'eau, nous avions délaissé les charmes terrestres.
Inadmissible pour Patrice et son épouse Kerenza, native de Bonaire. Le tour de l'île est obligatoire pour se faire une vraie idée de cette île aux valeurs écologiques.
Qu'à cela ne tienne, malgré leurs boulots, plannings et obligations , ils s'arrangeront dès le lendemain pour nous mettre à disposition leur pick-up pour la journée. Merci à vous deux pour ce joli cadeau, en cette veille d'anniversaire de la Cap'. 


Nous découvrirons une île multi-facette.
L'industrie du sel au sud dessine un panorama de lacs roses affleurant une côte sous le vent aux eaux turquoises et surmontés de dunes blanches cristallines.

Maison des esclaves 



Au nord, nous aimerons admirer les ânes sauvages, les iguanes craintifs, les flamands roses gracieux et surtout les perroquets bavards dans une nature primaire entre savane et désert de cactus.




D'ailleurs les clôtures des propriétés sont dans la pensée écologique de l'île et sont un savant enchevêtrement de cactées. Ces plantes font aussi le bonheur des chauve-souris et des oiseaux qui se régalent des moustiques qui ne dévorent plus les proprio. La Nature boucle la boucle ;-)



Cette île est riche et belle de panoramas originaux. Encore une fois, une jolie surprise, une belle découverte et la confirmation qu'il ne faut pas s'arrêter aux ''à priori''.
À mettre dans vos sailing lists...

Quant à nous, la route reprend. D'autant plus que notre ''assistante planning'' préférée Dame Météo se charge de nous semer quelques RDV à respecter ou plutôt à éviter justement. 
Nous y sommes !
Où donc ?
En pleine phase active de la saison cyclonique.
Les dépressions tropicales se forment les unes derrière les autres sur l'Atlantique. 


Après Earl sur le Belize (ouf nos amis sur Nina sont safes), Fiona qui a fait faux bond à l'arc antillais après quelques hoquets, la DT#99 suivie de près par un autre système semble elle décidée à faire plus de bruit. Les simulations de trajectoires se succèdent. On croise les doigts pour tous les copains sur zone.
Bien que déjà assez excentrés, nous pouvons tout de même être soumis à des effets de houle et de renverse de vent difficilement compatibles avec le mouillage de Kralendjik. Comme à notre habitude, une Assemblée Générale/Petit déjeuner a été convoquée.
Vendu...Cap sur Willemstad et son mouillage Spanish Water.

À tous nos lecteurs qui en profitent pour bosser leur géographie... à vous de jouer pour trouver notre prochaine escale. 

Un indice ???
Compte tenu de la spécialité liquoreuse de notre prochaine escale, nous n'appelerons certainement pas le prochain article: Dans le bleu

Trouvé ???

Rdv donc à Curaçao pour la suite de nos découvertes. 

Friday, August 19, 2016

Dans le bleu Épisode 2: Los Aves



Et ça continue...
Un bon 20/25 noeuds de vent établi, au portant de surcroît, allez zou... Cap sur Los Aves.


Une fois de plus, l'Imperator Parasailor reprend du service et nous fait défiler les 30 nm en 3h30 dans un grand confort.
Comme on disait dans notre vie 1.0 de terriens motards: "On a bien rouléééé !"

Alors que nous rangeons nos voiles au droit du phare avant de se diriger vers le mouillage, nos regards sont attirés par une grosse masse noire à fleur d'eau pile sur notre route.
Nous nous retrouvons nez à nez avec deux énormes tortues Luth de plus 3 mètres d'envergure ... en pleine copulation. Vous nous excuserez, entre la surprise de la rencontre et la pudeur face aux ébats de ces animaux semblant avoir survécu aux dinosaures,  nous n'avons pas eu le réflexe ''photo''.
Quel comité d'accueil !
On nous avait dit que Los Aves étaient encore plus belles et plus sauvages que Los Roques. Ça commence bien !!!

Et puis le temps s'est arrêté.
Sur ces îlots vierges, il n'y a rien de ce qui conditionne la vie des humains: pas d'eau douce, pas de civilisation, pas de restos,  pas de commerces , pas de téléphone ni d'internet...
Sauf qu'in fine, aux Aves, il y a tout !
Tout pour vivre naturellement dans un écrin préservé qui semble ne pas avoir connu la moindre modification hormis celles imposées par les Éléments depuis des décennies.
Pleinement associés à nos sens, nous nous ouvrons à l'intensité de ce moment.
Le plan d'eau se décline en une mosaïque de cyans digne des plus beaux tableaux impressionnistes.
À terre, la mangrove est le berceau de centaines de nids de fous, de sternes ou de pélicans.
Pas besoin de téléobjectifs ni jumelles, en kayak comme en annexe, on les approche à les toucher. Pour ces animaux, l'Homme est une espèce animale en voie d'apparition. Elle ne représente aucun danger et suscite même leur curiosité.
(au grand désespoir de notre pont mitraillé régulièrement de résidus digestifs volants)
De même sous l'eau, la multitude de poissons coralliens ne se sent pas agressée par nos intrusions.
La définition de la symbiose doit avoir été créée sur ces eaux.

Sous réserve d'avoir un bateau autonome en eau et en électricité, on peut passer des semaines d'anses turquoises en anses vert d'eau à vivre du fruit de notre pêche. Poissons, lambis, burgots et langoustes comme apport proteiniques de la quinzaine.
Nous n'avons toutefois prélevé à la Nature que nos besoins alimentaires. Nous ne serons que trois bateaux sur zone pendant 15 jours, autant dire que notre ponction est infime face à la profusion de vie sous nos coques.
La tentation pourrait toutefois être grande de faire des conserves ou de congeler. Pour nous, ainsi que pour nos compagnons d'escale, c'est HORS de question !!!
Les hommes privilégient les langoustes ou poissons plus âgés pour laisser les plus petits vivre en paix. Lorsque nos frigos affichent ''complets'' pour les deux/trois prochains jours, le fusil harpon est remisé.
À certains moments,  on a l'impression d'être en mode préhistorique, les hommes partent à la chasse. Les femmes s'occupent du foyer. Enfin, on a zappé l'épisode guerre du feu et âge de pierre, c'est sur la plancha sur Ti'Amaraa, en zarzuella sur Seayousoon ou en langoustes party à l'armoricaine sur Afrodite que nous nous régalerons tous ensemble des offrandes de Neptune.

Ainsi coulait la vie de trois couples français sur leurs bateaux... jusqu'à ce matin là ...
Il n'est pas 8 heures, nous émergeons tranquilou devant nos biscottes quand une lancha (bateau rapide venezuélien) se dirige rapidement droit sur Ti'Amaraa. Les bateaux copains sont ancrés un peu plus loin.
Les 6 gaillards du bord nous interpellent.
''Gloups... Ils nous veulent quoi?"
À travers le bruit du moteur puissant, on capte un mot: Regalo
Cela signifie cadeau.
Au premier abord, on comprend qu'ils veulent qu'on leur donne des cadeaux. Ils ressemblent plus à des pêcheurs qu'à des pirates... Mais au fait, ça ressemble à quoi un pirate ?
Ils sont à présent au ralenti à quelques centimètres de nos jupes et nous font signe de leur faire passer notre sceau.
''Quoi ? Ils veulent ça comme cadeau ?... Bizarre, ces pirates, non ?!"
Nous avions tout faux. Ceux sont EUX qui veulent nous faire un cadeau!
En quelques secondes, notre sceau déborde de 7kg de poissons de récifs frais: carangues, blanches, pagres...
Ils ont le sourire: heureux de nous offrir le fruit de leur travail.
Comment les remercier ? Ils ne veulent rien en échange. Au contraire,  ils s'excusent presque car les prises sont petites et nous promettent de repasser en fin de journée avec du plus lourd.
On arrive à leur faire passer un peu d'eau fraîche et du chocolat. Ils sont aux anges, et nous scotchés!
Nous sommes bien au Venez ? Là où l'on risque notre vie et où il faut éviter tout contact avec les lanchas ?
En soirée, ils reviennent comme promis, mais à trois uniquement . Les bras chargés d'une langouste de 2,5 kg, d'un barracuda d'un bon mètre,  d'une grosse carangue et de divers poissons coralliens. C'est énorme !!! Plus de 5 kg de chair !!!
Nous ne voulons pas accepter. Ils insistent en nous expliquant qu'ils ne veulent ni argent, ni cadeaux...
Leurs sourires nous font céder, nous les invitons à boire un rafraîchissement à bord. Leurs yeux s'illuminent dès qu'ils montent. C'était ça !!! La curiosité... Le bateau,  qui sommes nous, notre vie sur l'eau...  Ils débordent de questions et sont contents de voir des étrangers dans leur pays en crise.
Ils nous demandent deux services : Visiter Ti'Amaraa et Seayousoon et pouvoir prendre des photos.
Non, sans blague ? Et dire que certains nous croient en danger sous ces latitudes.

On se régale à échanger tous ensemble de nos vies entre fin d'après-midi sur Seayousoon et pause café le lendemain matin sur Ti'Amaraa.
Ils nous confirment qu'il ne faut ABSOLUMENT pas s'approcher de Margarita, de Caracas et de la côte orientale. La vie dans l'arrière pays, surtout côté Colombie est bien meilleure mais la dévaluation de la monnaie complique le quotidien. Certains produits comme le sucre sont inexistants dans tout le pays. De même, le manque de médicaments est criant.
Leurs campagnes de pêche aux Aves durent 10 jours. Ils sont 8 dans l'eau de 7h du matin à 19h. Ils cohabitent sur un petit îlot dans un baraquement ouvert aux 4 vents avec 200 litres d'eau douce pour seule ressource. Un bateau récupère régulièrement leurs prises pour les ramener au frais à Bonaire ou sur le continent pour 3us$ du kilo. Certains comme Manuel et Harold ont un boulot à terre, et viennent aider Luis le propriétaire du bateau pendant leurs congés.
Ils ne nous demanderont rien. À force de discuter, nous essayons de deviner ce qui pourrait leur faire plaisir car nous ne pouvons nous quitter ainsi. Avec Seayousoon nous concoctons un petit ''colis'': Gâteaux, chocolat, sucre, gel douche, produits d'hygiène et cigarettes les rendent heureux.
Il y a des rencontres qui vous touchent au coeur.
Ils n'ont rien et ils vous donne beaucoup.
En s'aventurant  en dehors de sa zone de confort, on découvre que la vie a plus d'une seule facette.
Los Aves ne devait être qu'un passage potentiellement ''dangereux'' sur le chemin pour Bonaire, nous y avons rencontré de belles personnes généreuses.
Jamais nous n'avons eu d'escales aussi sereines... à laisser, pour la première fois depuis notre départ, porte et capots de pont ouverts le temps de nos absences. Qui l'aurait cru ?
À Sotavento au mouillage, nous avons même eu la visite des Cost Gardes, cinq hommes à bord (dont un armé) charmants et souriants.
À la différence des quelques échanges avec des douaniers tricolores aux Antilles, ici on ne vous parle pas comme à un délinquant en puissance. On vous demande la permission de monter à bord, on propose de se déchausser pour ne pas salir, on s'intéresse à vous, on remplit des formulaires, on partage un café et tout ce passe dans la bonne humeur. Nos interlocuteurs nous rappellent même qu'ils sont en veille H24 sur VHF 16 au cas où nous ayons le moindre problème.
On croit rêver. Cherchons bien....où avons nous été si bien accueillis ?... pour 0,00 € de clearance...

Aux Aves, nous sommes aussi venus à la découverte d'un lieu bien précis. Lors de nos années de lecture de blogs, il était question d'un lieu sur une des îles, un mausolée légendaire pour navigateurs de passage.
Était ce toujours d'actualité ?
Kho Lanta n'a rien inventé.  Les totems de Los Aves de Bartolavento existent bel et bien.
Tel le trésor de bateaux fantômes chargés d'or des canaux patagoniens, l'information se passe de Capitaines en Capitaines. Grâce aux conseils d'Afrodite nous avons donc pu sans mal trouver l'entrée cachée dans la mangrove.
Dès le débarquement du dinghy, on observe suspendus aux branches des stigmates laissés par nos prédécesseurs: une tête de barracuda séchée,  des coquillages décorés ...
En mode petit Poucet, nous suivons les marques d'un chemin qui se dessine vers l'océan.
Elles sont là.
Toutes les traces des navigateurs passés.
Dans l'enchevêtrement hétéroclite d'objets, on lit des noms connus: Eolis, Étoile de lune, les Batocousins...etc...
Certains ont laissé un objet du bord. D'autres ont, de leurs mains créatives, décorés des galets, des coquilles de lambis, des morceaux de bois...
Nous nous en approchons avec la circonspection d'un antiquaire qui vient de dénicher une précieuse relique.
Comme nous avons planté des drapeaux et des cairns en haut de sommets népalais ou pyrénéens, cette île sud des Aves se présente à nous comme un point de passage important de l'aventure.
Le ciel étincelant de la soirée est propice à la méditation: plus de 7000 miles nautiques parcourus (soit près de 14 000 km), notre vie riche de rencontres, quel va être notre avenir ?
Si jusqu'à présent nous n'avions jamais trouvé de lieu adhoc où laisser une trace de notre passage, cette découverte à résonner comme une évidence pour nous deux: la clôture de l'épisode Atlantique et l'ouverture vers de nos nouveaux horizons.
Non sans une certaine émotion, nous passerons des heures à préparer notre totem.
De la récupération d'un bois flotté sur la côte au vent, à la confection d'un pochoir, au gravage de la matière,  à quatre mains,  nous avons retranscrit l'âme de Ti'Amaraa que nous souhaitions laissé au souffle de l'alizé de l'océan.

Si vos étraves vous mènent vers ces îles, l'adresse de notre Tiki est sur l'Isla Sur à la position: 11'56.7080 N 67'256194 W.
Quant à l'entrée ''secrète'',  c'est par là... Mais chuuut :
11'56.7578 N  67'25.6235 W








Et puisque les informations manquent sur cette escale et que la cartographie est assez imprécise, voici les points GPS de nos mouillages :
- 11'56.765 N  67'25.838 W
- 11'56.836 N  67'25.1740 W
- 11'56.729 N  67'26.302 W
- 11'58.191 N  67'28.6360 W
- 12'3.55 N      67'41.264 W
- 12'3.504 N    67'40.656 W

Le décor des mouillages alterne. Tantôt un rideau de palétuviers géants, tel un écran barrant le vent d'Est, offre un mouillage paisible entourés de la faune locale: fous, sternes, frégates, tortues,  raies...

En d'autres lieux de longs croissants dorés parsemés de palmiers semblent s'étendre à l'infini, grignotés par les timides vagues du lagon, assagies par la barrière de corail qui ronronne au loin.

Aux îles Aves de Sotavento, le coucher de soleil est unique. Au delà de la belle lente déclinaison de l'astre de feu dans l'océan, au delà du ciel qui délaisse son bleu profond pour des teintes rouge-rose-orangées criardes, le spectacle est offert par les habitants de ces îles: les oiseaux (Los Aves dans la langue de Cervantes). Ils sont par centaines au dessus de nos têtes, une véritable fourmilière. Dans un ballet aérien précis accompagné de la mélodie de leurs piaillements, ils virevoltent en provenance du large, se rejoignent à l'horizon puis se regroupent pour passer la nuit à terre où ils nichent à même le sol sans crainte de prédateurs...ni des Hommes. Nettement moins effrayants que ceux d'Hitchcock, nous passons de longues minutes à observer ce que nous offre la Nature.
''Sinon, la télé... Ça ne vous manque pas ?"

Pendant des jours et des jours, nous avons eu ce bassin de navigation saphir pour domaine, les alizés pour calendrier et le soleil pour montre.
Snorkelling,  kayak, pêche, lecture, contemplation, baignades et partages de bons moments pour activités.
Issus d'une époque hyper connectée, nous avons vécu tels des pionniers cette sensation délicieuse de ne pas être rattrapés par les ondes.
Nous avons savouré le privilège de ce retour à une vie sauvage... confortablement installés dans notre maison itinérante.
Ti'Amaraa signifie Liberté. Nous l'avons retrouvée ici.
Nous vous souhaitons de pouvoir vivre vous aussi en dehors du temps un temps.